Site d’informations en ligne, sur Lourdes et le Pays de Lourdes
  Informations Lourdes et Grand Tarbes  Informations Lourdes et Pays de Lourdes  Informations Bagnères de Bigorre  Informations Argelès-Gazost Vallées des Gaves  Informations Pays de Lannemezan  Information Pays du Val Adour  Informations Hautes-Pyrénées     

Hôpital de Lourdes : Thierry Lavit, président du Cercle radical lourdais et conseiller municipal fait le point

jeudi 1er septembre 2011 par rédaction

Hier soir, Thierry Lavit, président du Cercle radical lourdais et conseiller municipal d’opposition, s’est exprimé longuement sur la situation du dossier « Pôle de santé » dans les Hautes-Pyrénées. Lui qui vit professionnellement les problèmes de santé au quotidien a apporté un autre éclairage que celui donné récemment par le maire de Lourdes, longtemps silencieux sur le dossier et qui semble avoir abdiqué devant l’ARS (Agence Régionale de Santé).

Le 18 mai dernier, Thierry Lavit était intervenu pour commenter l’évolution de ce dossier au regard de la réunion tenue en préfecture le 22 avril et du courrier adressé par Chantal Robin-Rodrigo le jeudi 28 avril aux maires du département. Dans la continuité et suite à trois rendez-vous importants qui ont eu lieu cet été : la réunion ( le 20/07/2011 ) en préfecture présidée par le directeur de l’ARS : M..Chastel ; la visite de M. Chastel à l’hôpital de Lourdes le 11/08/2011 ; l’intervention médiatique du Maire de Lourdes autour du projet « Pôle de santé » , il a tenu à apporter un éclairage différent dans la cadre du débat démocratique. Son intervention s’est articulée autour de trois axes :

- la décision prise par l’ARS de retenir la construction d’un nouveau « Pôle de santé public/privé ( PSPP ) » sur le site de la clinique Ormeau Pyrénées,

- le reformatage de l’hôpital de Lourdes présenté par le Maire de Lourdes le 25 août et directement lié à la construction du pôle public/privé sur Tarbes Ormeau Pyrénées,

- les échéances électorales à venir et l’enjeu majeur que représente la santé publique sur le plan national et par voie de conséquence dans les Hautes-Pyrénées.

M. Chastel, directeur de l’ARS, a retenu le projet d’un « Pôle de santé public/privé » départemental , dicté par sa nécessité ( ??? ), la non volonté du secteur privé de se transporter sur Lanne ( surcoût lié ), le problème de démographie médicale et paramédicale rencontré à l’hôpital public. M’appuyant sur le courrier d’information adressé par Chantal Robin-Rodrigo aux maires le 25/07/2011, les informant du contenu de la réunion en préfecture du 20/07/2011, il nous est permis de dire qu’à ce jour :

- Aucun projet médical de coopération, mutualisation et partage n’existe entre hôpital et clinique sur l’ensemble des spécialités, le conventionnement des soins ( tarifs opposables ), la prise en charge des patients bénéficiant de la CMU... ( les discussions ARS/secteur privé étant reportées car n’ayant pas abouti) ;

- La proposition qui vise à adosser une aile hospitalière ( 368 lits ) à la clinique Ormeau Pyrénées diminue le nombre de lits côté public par rapport au premier projet 100% public sur Lanne [ 460 lits Médecine Chirurgie Obstétrique ( MCO ) ] déjà revu à la baisse au regard de la capacité des deux hôpitaux de Tarbes et Lourdes réunis : environ 600 lits.
Désormais, cette aile présenterait donc 368 lits, soit presque 100 lits de moins sans aucune suppression pour le secteur privé (303 lits ), cela au frais du contribuable : tout bénéfice pour les actions des cliniques.

Quid de l’offre de soin revue à la baisse ? Quid d’un accord gagnant-gagnant qui préserve l’hôpital public et équilibre l’offre de soin globale avec le privé à terme et préserve les intérêts de la population dans l’accès équitable aux soins ?

- Les paramètres techniques opposables constituent une difficulté supplémentaire à la faisabilité du projet :

- difficultés liées à la nature du terrain.

- voies de circulation à réaliser : qui paiera ?

- copropriété du Conseil général et aérodrome des terrains à récupérer : quelles solutions ?

- déplacement de la piste aérodrome et reconstruction des hangars : qui paiera ?

Conclusion : Au vu des nombreuses difficultés rencontrées par l’ARS pour réaliser le projet PSPP, il faut se préparer à mon humble avis à 2 possibilités :

- Le projet est retenu par le ministère avec un chèque en blanc puisque le PSPP est loin d’être finalisé.

- Soit de facto le projet n’est pas retenu par le ministère [ de plus aujourd’hui, les orientations ministérielles se dirigent davantage vers des coopérations de terrain entre public et privé ( déjà existantes dans le 65 : cancéro, cardio … ), que vers des constructions onéreuses dont le contenant et le contenu sont très complexes à élaborer : c’est ce que nous pouvons constater ]

Si le projet PSPP reste hypothétique, la seule chose que nous connaissons, si le dit PSPP voit le jour, c’est le reformatage de l’hôpital de Lourdes qui lui est implicitement lié. Le Maire de Lourdes l’a donc présenté dans son point presse du 25 août dernier.

Sont programmés : la fermeture de la maternité, de la réanimation, du plateau chirurgical et du service de médecine. Une antenne d’accueil et d’orientation des urgences y serait maintenue avec une trentaine de lits médicalisés.

L’hôpital serait reconfiguré en pôle départemental de gérontologie. Le Maire de Lourdes joue le pompier de service en se faisant fort d’avoir négocié avec l’ARS le reformatage de l’hôpital de sa ville, ayant travaillé en coulisses alors que d’autres montaient sur les barricades depuis plusieurs années (cf comité citoyen de défense de l’hôpital, collectif Hôpitaux santé 65). En fait, on peut se demander si le Maire de Lourdes est devenu amnésique au regard de sa posture à géométrie variable dans ce dossier si important pour les administrés de Lourdes et du département.

En 2007, le Maire de Lourdes annonce lors des vœux à l’hôpital, la fermeture proche de la maternité et la transformation de celle-ci en centre de périnatalité. Une seule conséquence positive : la naissance du comité citoyen de défense et de promotion de l’hôpital de Lourdes.

En 2008, lors de la campagne municipale, M. le Maire affuble l’opposition municipale de « ruminologie » et l’accuse d’allégations mensongères : en réalité l’opposition était visionnaire sur le devenir de notre hôpital (la politique du président Sarkozy et la loi Bachelot se mettait en place visant à démanteler le service public).
Fin 2008, il évoque avec fermeté un acte fondateur « irrémédiable » écrit, pour la création de l’hôpital unique à LANNE. Jusqu’à cet acte : « nous ne bougeons pas ». ( vidéo 18/12/2008 )

En 2009, le Maire vote le GCS ( loi Bachelot ) et les mesures du plan de retour à l’équilibre (qui prévoient à terme la fermeture de la réanimation, de la maternité, de la chirurgie). Il dit : « on ne bâtit pas un projet sans avoir un projet médical et social solide ». ( vidéo 17/11/2009 )

En 2010, le Maire s’exprime de nouveau avec conviction : « l’anéantissement..., la fin de l’hôpital de Lourdes : c’est le rapatriement des activités et du personnel à Tarbes ; c’est un hôpital à Tarbes central important et un hôpital secondaire à Lourdes. Je ne veux pas de ça ». « Si c’est ça on va monter sur les barricades, je dis bien sur les barricades. » ( vidéo 31/07/2010 )

Enfin en 2011, lors des vœux à l’hôpital il dit : « mon souci est de défendre Lourdes : il faut un pôle de santé publique car notre territoire a besoin d’être doté d’un telle infrastructure ». De plus, le 7 mars, il fait voter en conseil municipal une motion à sa majorité, en faveur d’un hôpital public entre les deux villes : à Lanne.

Aujourd’hui, curieuse façon de combattre qu’adopte M. le Maire en se rangeant derrière l’ARS ou encore en s’inclinant devant la politique UMP (n’oublions pas qu’il est le n° 2 de l’UMP dans le 65 ). Que sont devenues ses belles promesses ? De pompier de service, il est devenu l’ami des pyromanes …

Quel gâchis, lorsque ses amis sont au gouvernement, pourquoi de ne pas avoir fait jouer l’exception géographique et internationale pour sa ville de Lourdes ? Quand en plus la phase de retour à l’équilibre financier est là, avec une marge déficitaire devenue minime grâce aux efforts de tous : 380 000 euros.

N’est-il pas encore temps de se battre pour le maintien de notre hôpital en l’état actuel, et non le reconfigurer comme le souhaite l’ARS et M. le Maire (cf suppression MCO, diminution significative du nombre de lits : entre 50 et 80 ) ?

Développer la gériatrie à Lourdes et en faire un centre départemental, c’est bien ; mais cela n’exclue pas la sauvegarde de l’existant à l’heure où le PSPP ne recouvre pas toutes les garanties pour être retenu : Restons prudents !

A 6 mois des élections présidentielles et législatives, est-il rationnel et cohérent de s’engager dans un PSPP ( arme de destruction massive du service public) ?
Il n’y a aucun partenariat possible entre l’intérêt général public et celui des actionnaires du privé, (même si les deux secteurs doivent exister, restant indépendants dans une logique de concurrence loyale synonyme de qualité).

Nous devons nourrir l’ambition politique d’avoir un service public hospitalier fort, avec un financement propre et une gouvernance indépendante, le tout fondé sur les besoins de la population et le maillage de territoire répondant à la mission de service public.

La précarité s’accroît, les écarts se creusent (8,2 Millions de pauvres en 2009 soit 13,5% de la population ), la non-redistribution des bénéfices ne plaide pas en faveur d’une société solidaire : est-ce digne d’un pays membre du G8 tel que la France ? Les services publics et en particulier la santé doivent être une forme de réponse à la précarité (préservation des besoins fondamentaux) :

- l’urgence est à abroger la loi Bachelot injuste et destructrice, à organiser les états généraux de l’hôpital public tel que préconisé par l’appel des 25 professeurs en médecine : éminents spécialistes français.

- l’urgence est à « re-financer » la sécurité sociale et les hôpitaux par des mesures exceptionnelles afin de rétablir l’égalité devant la santé, et pour ce faire, il faut replacer l’hôpital au cœur du système de santé publique.

- Que l’on arrête de nous parler de déficits structurels, mais plutôt de sous-financement.

- Veut-on réellement une société solidaire ? Pour cela, il faut combattre cette idéologie néo-libérale dénoncée par le Pr. Grimaldi (diabétologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris).

- 600  : nombre de lits MCO Hôpital de Tarbes + Hôpital de Lourdes.
- 460  : nombre de lits MCO du projet mort-né de Lanne.

-368 : nombre de lits publics MCO dans le cadre d’un hypothétique PSPP.

-303 : nombre de lits privés dans le cadre d’un hypothétique PSPP.
L’offre publique serait réduite de 40% si le PSPP voyait le jour.

-1 Milliard d’euros : sous-financement de tous les hôpitaux publics, misérable Milliard comparé aux :
- 70 Milliards d’euros d’exonération sociale accordée aux entreprises.
- 45 Milliards d’euros de niches fiscales.
- 8,5 Milliards d’euros de bénéfice fait par le laboratoire Sanofi Aventis en 2009 grâce aux remboursements de ses médicaments par la sécurité sociale.

- 8,2 millions : nombre de pauvres en France métropolitaine (13,5%) en 2009 vivant avec moins de 954 euros/mois, chiffre qui sera nettement supérieur en 2011, la projection étant de 0,5% par an.

MCO  : médecine-chirurgie-obstétrique
PSPP  : pôle public/privé de santé