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« Halte à l’abattage systématique des feuillus des forêts forestières communales de Lourdes »

samedi 22 janvier 2022 par rédaction

Le Lourdais José Rodriguez dont on se souvient les combats qu’il avait menés, notamment auprès de Christian Agius, il y a des dizaines d’années, pour la sauvegarde du gave de Pau, a tenu vendredi après-midi une conférence de presse pour évoquer la gestion des forêts de Lourdes, à savoir les sites du Pic du Jer, de Subercarrère et du bois de Mourles. Il a mis l’accent sur l’exploitation financière de l’ONF, et a fait étalage de son savoir en rapport avec les arbres. Ce qui l’a d’ailleurs amené à adresser une lettre ouverte au maire de Lourdes

Lettre ouverte à Thierry Lavit, maire de Lourdes

Monsieur Lavit, le maire d’une commune forestière, est à la fois représentant de la collectivité et propriétaire de ses forêts. Il est à la fois acteur économique et un aménageur du territoire.

En sa qualité d’élu, il est également garant de l’intérêt général. Il est de surcroit responsable de la bonne gestion de ce patrimoine. L’objectif pour le maire est d’abord de maintenir ce patrimoine forestier et de le renforcer, en quantité comme en qualité. Il est ensuite primordial que la forêt réponde aux demandes des habitants de la commune.

Si depuis la mandature Bourdeu, il a été de mise de laisser sur ordre, à l’ONF d’abattre comme bon lui semble et ce uniquement pour le côté financier, nous constatons qu’à l’heure actuelle malheureusement rien n’est changé.

Après l’abattage massif des arbres du Pic du Jer en faveur de la ville, de l’ONF et surtout du VTT qui commence à créer des pistes sauvages au bois de Lourdes, malgré la surveillance assidu du responsable ONF.

Ces dernières années des propriétaires privés et ceux des forêts forestières communales, se sont constitués en association, pour dénoncer le comportement de l’ONF, prédateur à leurs yeux de la forêt.

Après des décennies de gestion prudente, qui a permis à la forêt de reconquérir 30% du territoire national, contre 10% à la fin du XIX siècle, l’ONF, en grande difficulté financière, a coupé sans compter. Elle est accusée par les syndicats, les privés et des élus des communes forestières, de faire des coupes abusives pour limiter ses pertes. Les principaux syndicats réunis dans l’Alliance du Trèfle, vont plus loin. Ils accusent l’ONF « d’industrialiser la forêt ». En faisant d’elle uniquement une activité économique, allant à l’encontre de l’ensemble de ses missions et de la préservation du patrimoine. L’ONF ne fixe plus d’objectifs de mètres cubes de bois à abattre, mais des objectifs de chiffre d’affaires, accuse Gilles Van Peteghem, le secrétaire général d’EFA-CGC. Quand on sait qu’il faut attendre au moins vingt ans pour qu’une parcelle totalement rasée, recommence à se couvrir d’arbres et 150 à 200 ans avant que ces arbres deviennent adultes et puissent être exploités. La polémique est d’importance. A cette date-là, tous les prédateurs de la forêt ne seront plus là, et leurs successeurs diront que c’est la faute des actuels. Faudrait-il croire que les Dubreuil et Munch, ancien et actuel PDG de l’ONF seraient devenus des adeptes de Louis XV « Après moi le déluge » ?

Rappel historique.

A l’heure actuelle 40% du chiffre d’affaire de l’ONF est assuré par la vente de bois. Elle est gestionnaire de 25% de la surface forestière de France dont le régime est le suivant :

- 9% de la forêt domaniale soit 1 530 000 ha

- 16% des forêts communales soit 2 720 000 ha

Plus 10% des forêts privées soit 1 700 000 ha

Pour un total de 35% du territoire.

Le montant compensateur de l’Etat aux communes forestières est par an de 140,4 M d’euros.

Les communes forestières possèdent 2 720 000 hectares, l’attribution par ha est de 5,3 euros, soit pour la ville de Lourdes 1200 x 5,3 = 6360 euros/an, à laquelle il faudra soustraire 2 euros par ha à l’ONF pour la surveillance de ses forêts, soit 2400 euros.

Sachant qu’à l’heure actuelle, sur le territoire national 40% du chiffre d’affaire de l’ONF est assuré par la vente de bois, une très grande disparité existe entre les coupes effectuées par l’ONF dans les départements. Cette impéritie volontaire des agents de l’ONF sur les Hautes Pyrénées est pour le moins scandaleuse.

Sur le territoire National, dans la moitié sud représentée par la ligne la Rochelle Annecy, seulement 7 communes forestières dépassent de 55 à plus de 60% les recettes en 2018 et suivantes.

Les départements sont :

La Creuse, une commune

La Haute Loire, une commune

La Lozère, une commune

La Gironde, une commune

Pour enfin aboutir pour le sud de la France au record honteux de 3 communes des Hautes Pyrénées avec en tête, Lourdes et la forêt de Subercarrère.

En cette année 2021, seulement sur la parcelle 28, environ 503 m3 de chênes ont été abattus en faveur du mérandier Canadell de Trie-sur-Baïse. Mais ces chiffres sont à prendre avec précaution : « Quand l’ONF attribue une parcelle, elle donne aux bûcherons un objectif de mètres cubes à sortir. Mais s’ils peuvent en sortir plus, c’est tout bénéfice pour eux », affirme Guislain Cambier. L’ONF communiquerait donc seulement sur les chiffres officiels de ses plans de coupes et non sur la réalité des volumes de prélèvements réalisés.

Après nous avoir dit que vous aviez passé un protocole de partenariat avec l’ONF pour la période 2019/2040, auriez-vous oublié que le partenariat vous liant, mentionne que tous les ans, elle doit vous faire un rapport quantitatif, qualitatif et sanitaire de nos forêts communales ? Sachant que le mandat que nous vous avons octroyé stipule qu’il est primordial que nos forêts répondent aux demandes et aux souhaits de ses habitants. Faites vite comme prévu une prochaine réunion afin que certaines mesures en faveur de nos forêts voient enfin un jour et soit autre que celui de la tronçonneuse qui devrait être réservé aux résineux atteints par les scolytes, il est à noter que l’ONF ne possède comme traitement de nos forêts que les coupes rases ou fortes.

S’il est vrai que la dette de la ville accumulée par les précédentes municipalités n’est en aucun cas de votre faute, il est une grave erreur de croire que quelques milliers d’euros annuels puissent influer sur cette dernière. Etant maître d’oeuvre chez nous, ne laissez pas l’ONF détruire progressivement nos forêts, dont l’impact sur ces dernières vont au delà de notre durée de vie. Que laisserons-nous à nos enfants et petits-enfants ?, un désert sylvicole ?

Veuillez recevoir Monsieur Lavit ; maire de Lourdes mes respectueuses salutations.

J. Rodriguez »

ANNEXES


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22 janvier 2022
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