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Mise en place d’un impressionnant dispositif de sécurisation du site des Sanctuaires et de la ville de Lourdes

vendredi 5 août 2016 par rédaction

Ce vendredi matin, Béatrice Lagarde, préfète des Hautes-Pyrénées a tenu une conférence de presse en présence de la maire de Lourdes Josette Bourdeu, de Thierry Castillo, économe du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, des représentants départementaux des forces de police et gendarmerie, du SDIS et de l’armée. L’objet était de fournir des informations concernant la sécurisation du site de Lourdes (sanctuaire et ville), suite aux instructions transmises par le ministère de l’Intérieur dans les circulaires des 17 et 29 juillet 2016. La préfète a d’abord procédé au cadrage géographique et au cadrage juridique des dispositifs. Dispositifs qui nous paraissent supérieurs à ceux mis en place lors des visites des papes à Lourdes (Jean-Paul II en 1983 et 2004, Benoît XVI en 2008). Pour Béatrice Lagarde, ces dispositifs sont les mêmes que ceux pris pour un déplacement du président de la République.

La première circulaire rappelle que les préfets doivent travailler en étroite concertation avec les organisateurs d’événements des responsables de sites et les élus lors de réunions présidées par les préfets. Depuis le 18 juillet, Béatrice Lagarde a présidé un certain nombre de réunions sur la sécurisation de Lourdes. « Nous n’avons pas attendu, a-t-elle rappelé, le tragique événement de Saint-Etienne du Rouvray pour nous interpeller aussitôt après l’attentat de Nice sur la nécessité de sécuriser Lourdes, notamment pour la période des pèlerinages, du mois d’août dans un premier temps. Nous avons mis en place et organisé un dispositif de sécurisation du site. Ce dispositif a été validé par moi-même ». Dans cette première circulaire étaient évoqués les festivals, les manifestations festives, les lieux de grand rassemblement. Il était demandé de mettre en adéquation la présence des forces de sécurité allouées avec les dispositifs de sécurisation. La 2e circulaire arrivée après les événements de Saint-Etienne de Rouvray a pour objet le renforcement de la protection des lieux à caractère cultuel. Il y était demandé aux préfets de prendre contact avec l’ensemble des responsables de culte locaux. Ce que j’ai fait hier matin pour les sensibiliser à la sécurisation des lieux dont ils ont la charge et pour leur demander de désigner des référents sécurité. « J’ai demandé, a-telle ajouté, aux services de police et de gendarmerie qu’ils aient des prises de contact avec les responsables des sites cultuels pour recenser les besoins éventuels et qu’ils puissent mettre à disposition des responsables des lieux de culte les référents sûreté police et gendarmerie ».

Sensibilisation des fidèles

« Cette circulaire demande également que nous sensibilisions les fidèles. On est dans l’idée que nos concitoyens doivent aussi participer à coopérer à la sécurité, notamment par une vigilance accrue de leur part sur le repérage des objets abandonnés ou des comportements, des tenues inadaptées de personnes sur des lieux de grand rassemblement. Afin de les communiquer aux forces de l’ordre ».

Un document annexé à la circulaire intitulé « Soyez acteurs de votre sécurité  » a été diffusé vers tous les responsables de culte. Dans ce cadre, il a été rappelé qu’à l’approche des fêtes de l’Assomption aux responsables des lieux de culte la nécessité de sécuriser les regroupements de fidèles par différentes mesures : limitation du nombre des accès aux édifices tout en respectant la sécurité incendie, préconisation d’un contrôle visuel des flux par des équipes paroissiales ainsi que toute mesure utile appréciée par les responsables de lieux de culte. « L’hypothèse d’interdire les pèlerinages à Lourdes n’a jamais été à l’ordre du jour, a précisé la préfète. En revanche, le fait de pouvoir en modifier les conditions d’organisation dans un but sécuritaire, c’est ce qui a guidé notre démarche de coproduction de sécurité entre les élus de la ville de Lourdes et les responsables du Sanctuaire ».

Béatrice Lagarde a confirmé la mise en place d’un groupe de travail sous la présidence de Myriel Porteous, sous-préfète d’Argelès-Gazost, visant à une sécurisation de moyen et de long terme du Sanctuaire. «  La question de la sécurisation du Sanctuaire à Lourdes ne sera pas qu’une question éphémère du mois d’août 2016. C’est un sujet qui va devenir récurrent. Au travers des travaux de ce groupe de travail, je souhaite des solutions pérennes d’accentuation de la sécurisation de ce site. Ce groupe de travail s’attachera à mettre en place avec le Sanctuaire une stratégie de sécurisation des lieux concomitamment à l’examen des coûts et des financements qu’entraîneront ces mesures de sécurisation. Je rappelle que l’Etat contribue largement en matière de vidéoprotection et qu’actuellement quand les collectivités ou responsables de sites nous sollicitent, nous pouvons aller jusqu’à financer 80% des dépenses en matière de vidéoprotection. C’est avec ce socle de prescriptions du ministre de l’Intérieur que nous avons travaillé. Le ministère de l’Intérieur a souhaité nous donner l’appui d’un membre du corps préfectoral, le préfet Hubert Weigel. Il a été désigné pour une mission d’appui et d’accompagnement pour la sécurisation des grands événements et des grands rassemblements. Mission englobant à la fois le volet « festivals, festivités » et aussi un lieu cultuel comme celui de Lourdes. Mon collègue arrivé en début de semaine nous aura apporté son expérience et nous aura aidé à organiser le schéma de sécurisation de ce site. Avec ses équipes, il a participé à la sécurisation de la COP 21. Nous avons bien pris les mesures de la nécessité d’accroître la sécurisation de ce site et que le ministère de l’Intérieur et le ministre n’ont pas été dans l’ignorance du côté emblématique de ce lieu qui pourrait en faire une cible et qui en fait un site sensible  ».

Au passage, on retiendra cette expression de la préfète : « La foi peut être un bouclier. En tout état de cause, nous n’avons pas souhaité que la foi soit le seul bouclier de la sécurisation de Lourdes. Nous avons organisé un bouclier de forces républicaines, de forces de sécurité intérieures, de forces militaires pour sécuriser ce site  ».

Deux arrêtés préfectoraux ont été pris. L’un crée sur la ville de Lourdes deux zones : Z1 (zone de sécurité renforcée) et Z2 (zone de patrouille et de surveillance intensifiée). Ces deux zones seront soumises à des mesures temporaires de réglementation de la circulation des piétons et des véhicules. Béatrice Lagarde a conscience que ces types de mesures ne sont pas populaires. Elle en a profité pour dire son appui total à la maire de Lourdes et aux élus lourdais qui ont pris, à sa demande, des décisions limitant la circulation ou modifiant les sens de circulation dans cette ville pour des raisons de sécurité. « Je sais que ça suscite des réactions plus ou moins vives mais il est temps que nos concitoyens s’approprient une certaine culture du risque et comprennent qu’on ne fait pas ça pour limiter leur activité économique ou leur causer des désagréments supplémentaires dans la vie quotidienne. A un certain moment, nous sommes obligés d’adopter des schémas responsables qui consistent malheureusement à impacter leur vie quotidienne pour préserver leur sécurité  ».

Aux restrictions de circulation s’ajoutent des restrictions de stationnement. « Cet arrêté a été pris seulement pour la période du 10 août au 16 août. Il n’est pas exclu que pour l’avenir je sois amenée à reprendre d’autres mesures restrictives de ce type. Lourdes n’est pas un site sensible qu’au mois d’août 2016 ».

La zone dite de sécurité renforcée recouvre l’ensemble du site du Sanctuaire. La zone dite de patrouille et de surveillance intensifiée recouvre l’ensemble du territoire de la ville de Lourdes et ses abords immédiats.

Pour la zone de sécurité renforcée, l’accès à l’enceinte des sanctuaires sera soumis au contrôle et au filtrage des piétons et des véhicules par les services de sécurité des sanctuaires, lesquels pourront être occasionnellement appuyés par les forces de sécurité intérieure. Le nombre d’accès au site des sanctuaires est limité à 3 (Portes Saint-Michel et Saint-Joseph et accès de la route de Pau). Au sein de cet espace, l’accès est ouvert à tous.

Pour la zone dite de patrouille vigilance intensive concernant la ville de Lourdes, les conditions d’accès et de circulation automobile sont réglementées par des arrêtés préfectoraux et municipaux. Des dispositions concerneront les véhicules tractant des caravanes pour lesquels il y aura des restrictions de circulation et d’accès dans les zones définies. Des contrôles renforcées seront réalisés par les forces de police et de gendarmerie dans le périmètre lourdais y compris sur les axes routiers pour prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Ces contrôles se feront dans le cadre de réquisitions accordées par l’autorité judiciaire aux fins de contrôles d’identité et de fouilles de véhicules. La sécurité de la gare SNCF fait l’objet d’un renforcement par des effectifs de la sûreté ferroviaire et par des dispositifs techniques de prévention et de détection.

Pour favoriser la fluidité de la circulation automobile et le déplacement éventuel des secours, l’accès à la ville de Lourdes et à ses abords immédiats est interdit aux véhicules tractant des caravanes jusqu’au 16 août, à 14h. Des contrôles aléatoires seront réalisés par les forces de police et de gendarmerie.

Les effectifs en présence

En ce qui concerne les effectifs de police, il y aura 4 unités de forces mobiles sur l’ensemble de la période du 11 au 24 août, étant entendu que ces forces ne sont pas toutes présentes en simultané. L’effectif total représente 249 agents. Pour la période du 11 au 16 août, ils seront 163. Pour la période du 17 au 24 août, ils seront 123. Ces effectifs seront principalement constitués par des effectifs CRS et des effectifs d’un escadron de gendarmes mobiles. Du 10 au 17 août, une unité Proterre comprenant 27 militaires a été obtenue. Des renforts concernant le déminage vont également venir. Ainsi que l’appui d’une équipe cynophile avec un chien pouvant détecter des explosifs. Il y a un plan d’emploi des forces dites spéciales en cas de survenance d’un attentat, raison pour laquelle le RAID a été sollicité. Le principe acquis pour l’instant est celui d’une reconnaissance des lieux. Une surveillance aérienne est souhaitée, les modalités ne sont pas pour l’instant définies.

Des renforts locaux de Tarbes vers Lourdes et d’une quinzaine de policiers des départements voisins sont prévus. Cela se concrétisera par ses équipages de BAC supplémentaires, d’une formation motocycliste urbaine.

L’accès aux Sanctuaires va se trouver impacté par l’ensemble de ce dispositif. Les pèlerins vont devoir se soumettre à des possibilités de contrôle visuel ainsi qu’à des opérations de filtrage. « Il y aura un impact sur le public  », reconnaît la préfète. Un certain nombre de moyens techniques ont également été obtenus en matière de vidéoprotection dans deux endroits : dans les Sanctuaires et à la gare. L’espace aérien sera sécurisé au-dessus des sanctuaires et de la ville. Un certain nombre d’arrêtés interdisant pendant la période du 11 au 16 août le survol de la ville et des sanctuaires ont été pris. « J’ai suspendu un certain nombre d’autorisations que j’avais délivrées pour des activités aériennes de prises de photographie en lien avec des activités économiques, pour la période du 11 au 16. Le survol avec des drones sera interdit. Sur la partie du gave qui longe les lieux des cultes, des dispositions ont été prises mais je n’entrerai pas dans le détail  ».

Josette Bourdeu, maire de Lourdes (AUDIO)

Thierry Castillo, économe du Sanctuaire NDL (AUDIO)

Questions-réponses

Béatrice Lagarde et le plan de graduation des forces en cas d’attentat (AUDIO)

Brigitte Lagarde : « Pas d’alerte spécifique sur le site de Lourdes » (AUDIO)

Vidéo-protection : Dans un premier temps, un dispositif provisoire (AUDIO)

L’impact économique du dispositif : le commentaire de Brigitte Lagarde (AUDIO)

G.M.