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18 000 pèlerins à la messe du 158e anniversaire de la 1e apparition

jeudi 11 février 2016 par rédaction

Le 11 février est la date anniversaire de la première apparition de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous. Ce jour-là, en 1858, Notre-Dame et sainte Bernadette se sont rencontrée à la Grotte de Massabielle. Le 11 février est devenu un jour de fête pour l’Église universelle qui célèbre Notre-Dame de Lourdes et la Journée Mondiale du Malade. Près de 20 000 pèlerins sont attendus cette année. La date est aussi choisie pour le congrès annuel des organisateurs de pèlerinages à destination de Lourdes.

Ci-dessous l’homélie prononcée par Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, lors de la messe concélébrée ce jeudi matin à la basilique Saint-Pie X, suivie par près de 20 000 pèlerins, dont de nombreux Italiens.

11 février 2016

L’homélie de Mgr Brouwet, Evêque de Tarbes et Lourdes

Nous lisons cet évangile de la fête de ND de Lourdes pendant l’Année de la miséricorde. Et il est beau de voir comment ce passage de l’Ecriture nous renvoie à l’amour miséricordieux du Seigneur pour nous, pour toute l’humanité.

1. « Ils n’ont pas de vin. »

Voilà comment tout commence. Par le regard de Marie. Marie qui observe ; qui voit ce qui manque. Marie qui discerne, au milieu de la fête, au milieu de l’insouciance, au milieu des activités et des conversations du quotidien, la souffrance, la misère, la blessure, l’épreuve des hommes.

La miséricorde commence là. Quand on sait regarder, quand on accepte de faire face à la réalité, même si elle n’est pas plaisante, même si elle nous déconcerte. Comment accomplir des oeuvres de miséricorde si déjà on ne sait pas voir la misère ? Si on n’accepte pas de la regarder en face ? Si déjà on ne sait pas la distinguer au-delà des chants de fête, des réjouissances, de l’insouciance, du sentiment que tout va bien ?

La miséricorde n’est possible que si on parvient à voir où est la fragilité, où est la précarité, où sont les blessures de notre monde. Car ces fragilités, on peut les cacher, on peut les nier ; on peut ne pas vouloir regarder en face le revers sombre des progrès de la technique, de la mondialisation, de l’urbanisation, du délitement de la famille, de l’individualisme, de la financiarisation ; on peut se cacher derrière des apparences de fêtes, derrière le divertissement, derrière des slogans politiques, derrière la suractivité du quotidien, dans la fuite qu’est la consommation, que sont les addictions, qu’est la course à la nouveauté à tout prix ; et cela pour ne pas voir nos pauvretés.

Marie nous apprend à voir, à comprendre, à saisir, à regarder la faiblesse, la vulnérabilité. C’est précisément ce qu’elle a fait à Lourdes. En visitant Bernadette, cette jeune fille si pauvre. En lui révélant le regard de Dieu sur elle, son regard de miséricorde. Et c’est parce qu’elle a accueilli ce regard, que Bernadette a pu accomplir un chemin de sainteté.

Voilà aussi le regard que Marie nous apprend à Lourdes. Elle nous apprend, au milieu de nos frères et sœurs malades, handicapés, affaiblis par l’âge, elle nous apprend en voyant ces foules en prière, ces foules à genoux, en voyant ces humbles pénitents au confessionnal, elle nous apprend à regarder la misère avec les yeux de Dieu.

« Faites ce qu’il vous dira. » : Marie nous montre le visage de la miséricorde du

Père : le Christ Jésus, l’époux venu à notre rencontre pour s’offrir à nous, pour nous offrir sa vie.

Lourdes est une école de miséricorde parce que nous y apprenons ensemble à faire face à la faiblesse physique, psychique, morale, spirituelle et à la regarder avec Marie, dans son cœur immaculé, dans son cœur de mère.

Et en regardant la source de Massabielle, en nous y abreuvant, nous comprenons qu’il y a un amour qui jaillit du cœur du Christ et qui nous aimera toujours infiniment davantage que nos trahisons, nos infidélités, nos péchés.

Voilà ce qu’est l’expérience de la miséricorde : c’est faire face aux ténèbres, faire face à ce qui est fragile, blessé, meurtri en nous ; et comprendre que l’amour du Seigneur excède tout cela, dépasse tout cela de très loin, et que nous sommes aimés d’un amour sans limite, sans condition.

A Lourdes nous, avons la pauvreté de Bernadette, la pauvreté de la grotte, l’écoulement d’une source et le regard maternel de Marie pour comprendre ce qu’est la miséricorde du Père.

2. « La grâce a surabondé. »

Le Pape François, dans son livre interview, Le nom de Dieu est miséricorde, nous fait remarquer que, dans cet évangile des noces de Cana, Jésus transforme en vin l’eau des ablutions. Ce geste des ablutions, c’est le rite par lequel les Juifs se lavaient les mains avant le repas pour se débarrasser de leurs impuretés.

L’eau des jarres, dit le Pape, était donc sale. Jésus ne prend pas de l’eau propre. Il prend de l’eau sale, pleine des misères des hommes. Et c’est précisément cette eau sale qu’il change en vin pour les noces. Comme pour nous dire, avec Saint Paul : là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20).

Cela nous apprend quelque chose de très beau sur l’amour miséricordieux du Seigneur : c’est qu’il vient nous chercher au milieu de notre misère. Il ne nous donne pas son salut parce que nous avons fait le bien ; il nous le donne à travers nos infidélités, nos trahisons, nos manquements. Il vient à notre rencontre non pas malgré nos ténèbres, mais au milieu de ces ténèbres pour nous en sortir, pour nous tendre la main, pour nous dire que ces ténèbres ne sont pas une fatalité.

Accueillir la miséricorde, c’est accepter de regarder ces ténèbres mais refuser de s’y complaire, refuser de « lécher ses plaies » en ne voyant plus qu’elles comme le dit le Pape ; accueillir la miséricorde, c’est accepter de tourner notre regard vers Dieu qui est riche en miséricorde, alors même que nous nous débattons dans notre misère humaine et dans notre péché.

Et ce regard qui se tourne vers le Père, le ’pape appelle cela « laisser entrer un rai de lumière », cette lumière qui finira par tout inonder. Oui, ouvrons-nous à la miséricorde du Père !

Aux yeux du monde, il n’y a rien d’intéressant à Lourdes. Il n’y a qu’un peuple de pauvres gens. Mais ce sont des gens qui, tout en reconnaissant leurs ténèbres, cherchent à s’ouvrir à la lumière d’en-haut. Tout en reconnaissant leur soif, ils viennent humblement boire à la source pour que pénètrent en eux le torrent de miséricorde qui jaillit du cœur du Christ.