Accueil > L’ACTUALITE DE LOURDES > Pastoralisme pyrénéen : le Parc national dévoile un plan d’action ambitieux
Pastoralisme pyrénéen : le Parc national dévoile un plan d’action ambitieux
jeudi 16 avril 2026, par
Parc national : Un programme d’action pour préserver le pastoralisme, patrimoine vivant depuis plus de 7 000 ans.
Depuis plus de 7 000 ans le pastoralisme façonne la montagne pyrénéenne, influençant ses paysages ainsi que ses dimensions culturelles, économiques, sociologiques et environnementales.
Aux côtés des acteurs locaux, éleveurs, bergers, gestionnaires d’estives et collectivités, le Parc national des Pyrénées s’engage activement à préserver cette activité ancestrale. Son objectif est de concilier la pratique pastorale avec les autres activités humaines et les enjeux environnementaux, en assurant une complémentarité avec la protection du patrimoine naturel, culturel et paysager de la région.
En cette année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, proclamée par les Nations Unies, le Parc national souhaite valoriser le lien étroit entre les modes d’élevage transhumants, les communautés, les écosystèmes et les cultures, qu’elles soient traditionnelles ou contemporaines.
Louis Armary président du conseil d’administration, Andde Sainte-Marie vice-président, et Arnaud David, directeur par intérim, ont dévoilé le plan d’action élaboré pour cette année, témoignant de l’engagement du Parc dans la mise en valeur et la pérennisation de ces pratiques.
Louis Armary président du conseil d’administration du Parc national des Pyrénées, a souligné l’importance de l’année internationale du parcours de pastoralisme, lancée à la demande de l’ONU. « Cette année, c’est l’année internationale du parcours de pastoralisme, et le Parc national s’est porté candidat pour promouvoir cette démarche et en renforcer la visibilité ».
Il regrette cependant que jusqu’à présent cette initiative ne bénéficie pas d’un écho suffisant à l’échelle nationale. « J’ai l’impression que nous sommes les seuls à en parler pour le moment. C’est une démarche qui concerne aussi notre patrimoine culturel local. Nous sommes un territoire où le pastoralisme a toute sa place, et le Parc national, en tant qu’acteur de partage équitable du territoire entre le pastoralisme et le monde agricole, souhaite y prendre toute sa part », ajoute-t-il.
Andde Sainte-Marie, vice-président du conseil d’administration du Parc national des Pyrénées, a souligné l’importance de l’intégration des parcours et des éleveurs pastoraux dans le cadre de cette année internationale. « Le terme exact, c’est l’intégration des parcours et des éleveurs pastoraux. Nous estimons que le Parc national des Pyrénées, par ses missions et ses objectifs, est pleinement dans son rôle pour donner de la visibilité à cette initiative », explique-t-il.
Il insiste sur le fait que le Parc national n’est pas exogène à cette démarche. « Il est tout à fait dans son rôle, puisque faire la lumière sur cette année fait partie de nos missions. Nous avons élaboré un plan pour cela, car le Parc national des Pyrénées est intrinsèquement lié à cette problématique. » Selon lui, le pastoralisme occupe une place essentielle dans la préservation de l’environnement. « Certains oublient que le pastoralisme contribue à la préservation de la biodiversité, à la gestion de la ressource en eau, qui devient de plus en plus rare, et à la protection des paysages en montagne. C’est aussi une forme d’agriculture durable, avec la transhumance des troupeaux en été, en estive, qui participe à une économie montagnarde vivante ». Il précise que ces deux aspects souvent perçus comme contradictoires sont en réalité complémentaires. « Pour nous ce sont deux facettes indissociables de la gestion des parcs nationaux en France notamment celui des Pyrénées. Notre rôle est de faire cohabiter ces réalités en leur donnant une visibilité accrue à travers ce plan d’action pour cette année internationale ».
Arnaud David, directeur par intérim du Parc national, expose le plan d’action. « Tout d’abord, il est important de souligner que chaque année l’établissement public s’efforce de répondre aux grands sujets d’actualité. L’an dernier nous avons consacré l’année à l’étude des glaciers à l’occasion de l’année internationale qui leur était dédiée. Nous avons ainsi élaboré tout un programme d’animations visant à approfondir la connaissance de cette thématique avec notamment des opérations de nettoyage des glaciers, la récupération de vestiges ou de déchets ainsi que leur valorisation. Dans la continuité de cette démarche, cette année nous souhaitons inscrire notre action dans le cadre de l’année internationale des parcours et du pastoralisme. Nous avons élaboré un programme structuré autour de six actions principales.
La première consiste à inventorier l’ensemble des itinéraires de transhumance. Rappelons que cette pratique classée au patrimoine culturel immatériel depuis 2020 a été reconnue officiellement en France cette année-là, puis par l’UNESCO en 2023. La transhumance étant un patrimoine à la fois culturel et naturel, notre objectif est de lancer un programme de patrimonialisation de ces itinéraires. Ce programme vise à identifier et valoriser les parcours empruntés par les bergers et leurs troupeaux tout en documentant leur valeur patrimoniale et mémorielle : d’où ils viennent, comment ils sont aujourd’hui fêtés ou utilisés, et quels échanges ils favorisent, notamment avec nos voisins espagnols ou entre différentes vallées. Enfin, dans une optique de préservation, nous envisageons également de réhabiliter certains itinéraires emblématiques même si nous savons que cela ne pourra pas concerner tous les parcours tant ils sont nombreux. L’idée est de concentrer nos efforts sur ceux qui ont une valeur patrimoniale et symbolique particulière.
Le plan d’action présenté par le Parc national des Pyrénées pour valoriser et préserver le pastoralisme s’articule autour de plusieurs axes structurés sur plusieurs années.
Tout d’abord l’intervention se concentre initialement sur six vallées situées dans deux départements, avec une priorité pour la zone d’Ossau, côté Béarn. Cette démarche progressive permettra, par la suite, de déployer la méthode à l’ensemble du territoire du parc, en partenariat avec les acteurs locaux. Ce plan, même s’il démarre dans le cadre de l’année internationale, s’étalera sur deux à trois ans, voire davantage, en raison de la complexité de l’inventaire des itinéraires de transhumance.
Une seconde action vise à renforcer la recherche en partenariat avec des institutions telles que le CNRS, dans le cadre du programme PERSE. L’objectif est de suivre les déplacements des troupeaux lors des saisons d’estive de 2026 à 2028, afin d’étudier leurs interactions avec les milieux, la biodiversité, la fréquentation humaine et d’évaluer l’impact positif ou négatif de ces activités.
Par ailleurs, un projet d’ « estive-école » est envisagé en Béarn, destiné à former de jeunes bergers ou à faire expérimenter la gestion pastorale, notamment en intégrant les enjeux liés à la biodiversité, aux paysages et aux grands prédateurs. Ce dispositif, en partenariat avec des lycées agricoles comme celui de Montardon, reste en attente de financement.
Une autre initiative concerne l’élaboration d’une stratégie de préservation du patrimoine transhumant, en partenariat avec des experts, des acteurs de la recherche, du monde agricole et scientifique. Cette démarche, prévue sur trois ans, a pour but de définir des actions concrètes comme l’inventaire des itinéraires et la valorisation de leur valeur patrimoniale.
Le Parc prévoit également de renforcer la formation de ses personnels, notamment en intégrant des intervenants spécialisés en archéologie pastorale et en histoire du pastoralisme, pour mieux comprendre et valoriser ces pratiques.
Enfin, des actions de sensibilisation et d’animation seront déployées tout au long de 2026, comprenant conférences, visites guidées et projections, afin de faire connaître au grand public la richesse du patrimoine pastoral pyrénéen. La création d’un livret thématique, illustrant l’architecture et les paysages liés au pastoralisme, complète ce programme, avec une attention particulière à ses spécificités dans les Pyrénées, distinctes des autres massifs montagneux français ».
Le lien vers le film « Instant Découverte – Le soutien à l’agropastoralisme https://youtu.be/imW6u8CsAHU?si=MSxqow8K09MHVz42
Nicole Lafourcade


