Dans
un communiqué du 2 avril 2007, Chantal Robin-Rodrigo,
députée de la 2ème circonscription, fait part de
son inquiétude "quant à l'éventualité
de la publication d'un guide méthodologique, rédigé
par ses services [Ministère de l'écologie], concernant
la prise en compte du risque d'avalanche dans les plans de prévention
des risques (PPR)." Selon elle, il s'agirait d'un "
obstacle de plus, pour les montagnards, édifié de Paris"
Il est vrai que toutes les obligations liées à l'environnement
et aux risques naturels émanent de Paris mais les plans sont
établis par des personnels des services déconcentrés
de l'Etat résidant dans la région.
Quant au manuel, il est édité depuis le 17 octobre 2006
et consultable
sur Internet depuis cette date. Par ailleurs, le sujet a été
manifestement évoqué au congrès de l'ANEM
à Ax les Thermes le 27 octobre 2006, au moins dans le discours
de Brice
Hortefeux, Ministre délégué aux Collectivités
Territoriales.
Quels
sont les points essentiels de ce document quant aux avalanches ?
La philosophie nouvelle qui se dégage est de " prendre
en considération toute la vulnérabilité hivernale
humaine "fréquente" et relativement "stable",
connue à la période de l'enquête, susceptible d'être
menacée par une avalanche, mais ne pouvant pas être considérée
comme sécurisée dans le cadre d'un Plan d'Intervention
pour le Déclenchement des Avalanches (PIDA). " mais
aussi, " plus que le type de bâtiments dont il s'agit,
le ministère demande de considérer en premier l'emploi
réel du bâtiment en regard des personnes. "
Il y a, semble-t-il, une avancée par rapport à la situation
antérieure où, même un bâtiment utilisé
que l'été, ne pouvait être construit dans une zone
potentiellement avalancheuse, ce qui pourrait bien faire passer des
zones rouges en zone bleues.
Qu'en
est-il dans les Hautes-Pyrénées et plus particulièrement
dans la vallée des Gaves et le Pays Toy ?
Les maires que nous avons pu interroger ne semblent pas spécialement
inquiets. Une grande majorité de communes ont des PPR déjà
approuvés par le Préfet, d'autres en cours ou prévus
en
2011 comme à Sazos où, comme nous le précise
son maire, Daniel Borderolle, "il y a déjà une
carte d'avalanches qui ne gène pas" la construction
d'un lotissement communal de 15 lots pour des maisons individuelles,
un projet de 6 logements avec l'OPAC et une opération privée
de 25 appartements.
Les PPR ne concernent pas que les risques d'avalanches. Ils concernent
aussi les risques d'inondations et de glissements de terrain. C'est
ainsi que Barèges se trouve en grande partie couverte par des
zones rouges le long du Bastan et aux points d'impacts historiquement
connus des grandes avalanches du Capet et en zone bleue qui ne signifie
pas " interdiction de construction " mais " précautions
particulières à prendre "
A Luz Saint-Sauveur, le maire Alain Lescoules nous fait part de ses
préoccupations pour les terrains sous la gendarmerie "
au confluent du Bastan et du gave de Gavarnie " en ce sens
que " le classement en zone rouge accentuera sa rareté
et favorisera la spéculation et l'augmentation des prix ".
D'un autre côté, il reconnaît que cela "
peut favoriser le maintien de zones agricoles ".
A Esterre, Noël Fourtine n'a pas voulu cautionner le PPR en "
apposant sa signature ". De ce fait il s'impose au-delà
d'un certain délai. Mais il s'agit uniquement de "risques
liés aux inondations et glissements de terrain " dont
la carte prend une forme assez surprenante. Il regrette que "
certains travaux de viabilisation deviennent aujourd'hui inutiles du
fait d'interdictions de constructions ". Mais il nous indique
un " projet de lotissement communal de 6 ou 7 lots et un autre
projet avec l'OPAC".
Quant à Bernard Soubervielle à Betpouey " il n'y
a pas de problème "
Nous n'avons pas
interrogé tous les maires, mais ceux que nous avons pu contacter
ne semblent pas spécialement inquiets quant aux nouvelles règles
d'évaluation des risques d'avalanches.
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