PGHM : vive émotion hier à Pierrefitte

 

L’émotion était forte hier après-midi sur la place de la gare de Pierrefitte-Nestalas lors de l’hommage solennel qui a été rendu au gendarme du PGHM, Laurent MIRA, secouriste en montagne.

 

C’est en présence du général de corps d’armée Roland Gilles, du colonel Soubelet, commandant la région de gendarmerie Midi-Pyrénées et du colonel Lamielle, commandant le groupement de gendarmerie des Hautes-Pyrénées qu’une cérémonie s’est déroulée.  Etaient également présents, autour de la famille, l’ensemble des PGHM des Pyrénées mais aussi des représentants des PGHM des Alpes notamment de Chamonix et de Pontchara (Isère), la section montagne de la CRS 29 de Lannemezan, les sapeurs pompiers, une délégation  de la Guardia Civil espagnole, le préfet Jean-François Delage, la sous-préfète d’Argelès-Gazost, François Fortassin, sénateur et conseiller général, Jacques Béhague, conseiller général, Noël Péreira, maire de Pierrefitte.

 

"Les mots sont vains et ont peu de poids face au vide  créé par cette disparition", dira le général Gilles. Laurent Mira était âgé de 29 ans. Fils de gendarme, il laisse une femme et un bébé de 8 mois qui ne connaîtra jamais son papa. Après avoir fait l’école de sous-officier au Mans, il avait été affecté à l’escadron 3512 de la Gendarmerie Mobile. Il passe divers examens « montagne » internes à la gendarmerie pour être affecté le 16 septembre 2005 au PGHM de Modane puis à Pierrefitte le 1er avril 2007 où il préparait le probatoire à l’aspirant guide.

 

Les accidents arrivent aussi aux « bons ». Laurent Mira tout comme Eric Fauvet décédé fin janvier ou son beau frère, Olivier Mariandre, qui, ce jour là, n’a été que blessé, faisait partie des meilleurs. Le couloir des Poubelles (couloir Nord-Est) au Pic du Midi, il l’avait terminé. Pratiquement arrivé au mur de la terrasse des touristes il a fallu ce petit rien qui déséquilibre l’alpiniste et qui le prive de l’ultime bonheur de parvenir au sommet. S’ils sont avant tout gendarmes ou policiers, ces secouristes en montagne sont aussi et surtout des membres de la famille des montagnards. Lorsque l’un d’entre eux disparaît, c’est toute la famille qui est touchée. Laurent Mira avait fait de sa passion de la Montagne, un métier pour sauver des vies. En s’entraînant, il est allé au bout de cette passion.

 

Après avoir décoré à titre posthume Laurent Mira de la médaille militaire, le général Gilles terminera avec beaucoup d’émotion : « l’estime et l’amitié de la gendarmerie vous est acquise pour toujours. »

 

Louis Dollo

 

 

Les gendarmes du PGHM de Pierrefitte paient aussi un lourd tribut.

 

La montagne ne fait pas plus de cadeau aux gendarmse qu’aux CRS du secours en montagne. Au cours de l’hiver 1978, plusieurs gendarmes du PGHM sont pris dans une avalanche à la descente du refuge de la Rencluse dans le massif de l’Anéto en Espagne. Une jeune Paloise était disparue dans une crevasse du glacier. Joseph Abadie-Serre ne rentrera pas vivant de mission. Une stèle à sa mémoire se trouve dans la cour du PGHM.

Dix ans plus tard, en 1988, Jean-Bernard Soubiron disparaîtra au Sailhet.

En 2003, Stephan Cieuta-Bedin trouve la mort à la Pointe de la défaite au Balaïtous

Même s’il ne s’agit pas de gendarme du PGHM, il s’agit de deux gendarmes participants aux secours en montagne. Le 15 novembre 1997 alors qu'elle venait de déposer deux secouristes sur les lieux du crash d'un avion de tourisme, l'Alouette III, pilotée par le major André Roques et le gendarme Arnaud Dussaussay, s'écrase après avoir heurté les câbles du téléphérique du Pic du Midi.

 

Histoire du secours en montagne dans les Hautes-Pyrénées http://www.pyrenees-pireneus.com/Secours-Histoire.htm

 

Louis Dollo

Mis en ligne dimanche 1 mars 2009