Les élus de la vallée des Gaves contre la TCP

Les élus de la vallée des Gaves, de Lourdes à Gavarnie, se prononcent unanimement contre ce projet qu'ils considèrent comme néfaste aux sept vallées. La vallée des Gaves est la première vallée touristique des Pyrénées. La TCP ne ferait qu'apporter des nuisances sonores visuelles et très probablement une pollution routière en aval du côté de Tarbes sans parler de 10 années de travaux. Le Maire de Tarbes, Gérard Trémège, partage cette analyse et a renouvelé son soutien et la solidarité de la ville.

Les élus, maires et conseillers généraux, disent unanimement " apprécier le travail des associations " qui soutiennent par ailleurs leurs actions. Ici, devant la sous-Préfecture d'Argelès Gazost avant la remise de leur motion.

Robert Coll, maire d'Argelès-Gazost
Il rappelle le caractère " touristique de la vallée de Lourdes au nord à Gavarnie au sud, 45 km. " Il nous cite ce que Nicolas Sarkozy disait en 2004 lorsqu'il avait été reçu en mairie d'Argelès : " Rien ne se fera sans la concertation des populations locales. "

Le rôle de Jean-Louis Chauzy et le lobbying

Le rôle et la confusion des mandats de Jean-Louis Chauzy sont assez mal perçus par de nombreux élus et manifestants. En effet, celui-ci cumule les fonctions de Président de Président du Conseil économique et Social de Midi-Pyrénées et de Président de l'association de lobbying " pro-TCP " Eurosud Transport financée par le Conseil Régional. Voilà une position où la confusion des genres est pour le moins surprenante. (NDLR. Entendre la réaction de Martin Malvy au micro de Gérard Merriot)
Quant à l'association de lobbying qui coûte fort cher aux contribuables de la région Midi-Pyrénées, si le projet était évident et parfaitement viable et accepté, serait-elle nécessaire ? Les bons projets ont-ils besoin d'actions de lobbying pour être acceptés ?
Dans tous les cas, les manifestations récentes nous montrent que le lobbying est sans effet sur les populations locales. Le projet n'est peut-être pas aussi bon que ce qu'on veut bien nous dire.

André Pujo de l'amicale des maires : " La démocratie est bien vivante "


Les élus remettent leur motion
à la sous-Préfecture

La vice-présidente d'ACTIVAL remet la motion à la sous-Préfecture

José Marthe, Conseiller général de Tarbes-Ouest
Il rappelle le " rôle fondamental des associations…. Pour leurs actions de sensibilisation. " Il précise la position du Conseil Général qui " est sans ambiguïté " après avoir voté unanimement une motion contre la TCP. Il dit " non au tunnel à tout jamais. "

Georges Azavant, Conseiller Général d'Argelès parle au nom de Marc Léo, conseiller général du val d'Azun, Josette Bourdeu, Conseiller Général de Lourdes-Est et Jacques Béhague, Conseiller Général du pays Toy.
" Unanimement contre l'étude d'un tracé sous le Vignemale. " " Nous parlons au nom de toute la population de la vallée. " Et il précise : "Mon opposition est très antérieure à la date d'aujourd'hui et très définitive. Dès 1997 j'ai eu une réaction viscérale. " Pour lui, c'est une " aberration économique et humaine inacceptable pour la première vallée touristique des Pyrénées. L'association vient à notre secours. "


Les élus, ACTIVAL et Epine
sortant de la Préfecture

Le Maire de Tarbes signe la pétition d'ACTIVAL le 18 avril 2006

Gérard Trémège, Maire de Tarbes, Conseiller régional.
" La ville de Tarbes et ses élus sont solidaires. " Et il précise qu'il " ne veut pas que le patrimoine de cette vallée et la ville de Tarbes soient défigurés. " Il salue " le travail de l'association ACTIVAL. " Pour lui, il y a actuellement " des velléités qui sont préoccupantes. " Et il parle de " l'activisme du Président Malvy avec le Président Eglesia ainsi que du Président Chauzy. "

Chauzy - Malvy, même combat… Celui du XIXème siècle

Non seulement il y a comme un goût de combine lorsque nous voyons les structures qui portent ce projet de TCP mais il y a aussi un côté décalé pour ne pas dire arriéré. Jean-Louis Chauzy, Président du Conseil économique et social de Midi-Pyrénées est aussi le Président de l'association de lobbying Eurosud Transport financée par le Conseil régional présidé par Martin Malvy. A la tribune du Grenelle de l'Environnement à Auch, les deux hommes ont fait des discours totalement décalés par rapport aux enjeux du débat du moment. Par ailleurs, prétendre que la TCP participera au développement économique du département c'est faire preuve d'une naïveté déconcertante dans ce domaine. Pourquoi ?
Une ligne de chemin de fer de ce type, ce n'est pas celles de 1850 avec des gares toutes les 20 km pour desservir les villages. Ici, il s'agit d'un ferroutage marchandise (pas de transport de voyageurs) sur longue distance à " grande vitesse ". Il y a donc deux cas de figure possibles :

  • les camions sont mis sur le train hors du département et au mieux dans la région de Toulouse. Les Haut-Pyrénéens seront condamnés à regarder passer les trains après 10 ans de travaux qui n'auront pas fait travailler beaucoup de monde. Les vallées gagneront la pollution visuelle et sonore.
  • les camions sont chargés à Lannemezan ou Tarbes. En plus des inconvénients ci-dessous, nous y gagnerons la pollution de camions que nous n'avons pas jusqu'à maintenant.

Si le président Malvy s'étonne que des élus soient hostiles au développement économique de la région et du département, peut-être, n'a-t-il pas intégré ce qui s'est dit au Grenelle de l'Environnement comme il semble nous l'avoir démontré à Auch. Le développement économique, oui ! Mais dans le cadre d'un développement durable incluant un pilier environnemental.

Comme l'a précisé le maire de Tarbes, Gérard Trémège, " je ne veux pas que Tarbes subisse cette pollution. " Pour lui, il faut " rechercher et étudier les solutions alternatives qui existent notamment les autoroutes de la mer, le doublement des lignes à chaque extrémité et le Somport. " Ceci devrait faire réfléchir les hésitants.

Texte et photos : Louis Dollo