Thierry Lavit, maire sortant de Lourdes, déroule sa campagne sur un axe bien huilé : le désendettement. Il se targue d’avoir « divisé la dette par deux », comme s’il avait accompli un miracle économique. Mais derrière ce slogan flatteur, que vivent réellement les Lourdais ?
Entre 2020 et 2025, la taxe foncière a bel et bien augmenté. Certes, le taux communal est resté stable et celui de l’intercommunalité a légèrement baissé. Mais la hausse des bases fiscales fait que, dans les faits, les habitants paient plus. Beaucoup plus. Et ce n’est pas une impression : +15 % pour certains foyers, sans contrepartie visible.
Car pendant que les recettes de la ville augmentent — FPS, PV, stationnement devenu payant, taxe de séjour au plafond, subventions aux associations rabotées, extinction de l’éclairage public — les services, eux, fondent comme neige au soleil. Peu d’animations, ou des événements au rabais. Des quartiers plongés dans le noir la nuit. Des associations à bout de souffle. Et une ambiance générale de délitement.
Notre dernière bande dessinée. illustre ce malaise avec justesse : des habitants qui comparent leurs feuilles d’impôts et se demandent où passe leur argent. Ils sont perplexes, frustrés, en colère. Et ils ont raison.
Baisser la dette, pourquoi pas. Mais quand cela se fait sur le dos des habitants, sans amélioration tangible de leur quotidien, peut-on encore parler de bonne gestion ? À Lourdes, le désendettement ressemble moins à une victoire qu’à une opération de communication. Et les Lourdais, eux, trinquent.
J.A.






