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Un mémoire bien inspiré : un courriel de Jean-Luc Laplagne

lundi 10 mars 2014 par rédaction

Un mémoire bien inspiré.

Encore jeune, le futur maire de Lourdes choisit de continuer ses humanités au sein du prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Toulouse. Pour parachever le cycle des trois années, l’étudiant doit fournir un travail personnel de recherche, de synthèse et d’analyse, portant sur un sujet de son choix.

Jean-Pierre Artiganave, que rien n’effrayait déjà, s’attaqua avec enthousiasme, et peut-être un brin de témérité, à un sujet difficile et exigeant : l’extrême-droite en France. Et pour corser encore la difficulté de ce thème sensible, il postula une analyse éclairée par la propre presse d’extrême-droite. Il en résulte une sorte de perception centrée permettant à la fois une exégèse fine et une critique subtile : « L’extrême-droite et les extrêmes-droites en France à travers leur presse », I.E.P. Toulouse. 1977.

On découvre une cinquantaine de pages bien charpentées, une partie thématique puis une autre analytique, une introduction, une conclusion, des éléments de synthèse sur les différentes écoles, des réflexions plutôt pertinentes, et finalement, un apport utile et nuancé à l’étude d’un sujet maîtrisé.

Devenu maire, il n’hésite pas à pratiquer la fausse modestie gourmande en citant son devoir au détour de plusieurs interviews. Il choisit les périodes électorales, si possible entre deux tours dramatiques, pour glisser, patelin et l’air de ne pas y toucher, qu’il serait l’homme de la situation, un connaisseur de la bête immonde, capable de la maîtriser.

Mais un malaise survient à la lecture de l’introduction du mémoire : le balancement du rythme des phrases, l’élégance judicieuse des termes choisis, la perfection sans égale de chaque paragraphe finissent par nourrir un questionnement, puis un doute. Est-il possible à un jeune provincial à peine dégauchi par trois années d’études et de lectures de produire une telle finesse dans l’analyse, avec un style aussi irréprochable ?

Nos outils modernes permettent maintenant de vérifier les origines de chaque mot, le sens de chaque phrase, et aussi la provenance de telle expression ou de telle pensée. Google révéla ainsi les plagiats nombreux opérés par le Grand Rabbin Gilles Bernheim, qui dut démissionner de ses fonctions. En littérature, Marie Darrieussecq, dans son roman « Naissance des fantômes » imita ou copia Marie Ndiaye et son livre « La Sorcière ». Une prof de la fac d’odontologie de Toulouse, Mme Marchal-Sixou, plagia le mémoire de son étudiant M. Samer Nuwwareh ; Elle a été condamnée à 5.000 € d’amende et 20.000 € de dommages et intérêts.

Françoise Laborde, journaliste télé, membre du CSA, avait coécrit un essai « Ne vous taisez plus ! » en empruntant des paragraphes entier d’un article du journal en ligne « Slate » ; son éditeur, Fayard, fut condamné en juin 2013 à 35.000€ d’amende pour contrefaçon.

Revenons à Jean-Pierre Artiganave et relevons le paradoxe intéressant de cet « auteur » de mémoire : pour annoncer sa proposition intellectuelle sur l’extrême-droite en France dans les années 70, il n’hésite pas à choisir de copier le Monde Diplomatique, pourtant connu pour la faiblesse de sa complaisance vis-à-vis de cette mouvance.

L’article de Gilbert Comte, « De la « révolution nationale » à l’enthousiasme industriel. » paru dans les colonnes du Monde Diplomatique en février 1977, a servi de modèle systématique pour l’introduction du devoir du maire-plagieur sans vergogne.

Personne n’a porté plainte. Pour l’instant.

Jean-Luc Laplagne.