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Vigipirate écarlate : des CRS en renfort pour Lourdes

mercredi 21 mars 2012 par rédaction

Le plan Vigipirate écarlate déclenché dans la région Midi-Pyrénées va se traduire par l’arrivée d’un car de CRS sur la cité mariale. Lourdes fait partie évidemment des sites de la région particulièrement sensibles. 25% des effectifs déployés sur le département des Hautes-Pyrénées vont être affectés à la ville de Lourdes. Une plus grande vigilance s’exercera sur les lieux de grands rassemblements et les établissements scolaires. Des effectifs devraient être mis à la disposition par la ville, notamment sur le marché. S’agissant des Sanctuaires, une réunion s’est tenue, hier matin, avec les services de l’Etat pour fixer les modalités du renforcement du plan Vigipirate. On en saura sans doute un peu plus dans la journée.

Plan Vigipirate écarlate : première en France (source 20 minutes.fr)

Qu’est ce que le plan Vigipirate ?

Il s’agit d’un plan de vigilance et de protection, créé par Valéry Giscard d’Estaing en 1978 pour prévenir des attentats qui pourraient survenir sur le territoire. Il est constitué de quatre stades d’alerte - du jaune à l’écarlate - qui correspondent à différents niveaux de menaces. Un dispositif particulier de police et d’armée est prévu pour chaque niveau.
Le plan Vigipirate a été activé en 1995 après une série d’attaques (l’assassinat de l’imam Sahraoui à Lyon et l’attentat du RER B à la gare parisienne de Saint-Michel en juillet, l’explosion d’une voiture piégée devant une école juive de Villeurbanne en septembre), et est depuis toujours en place. Il est passé du niveau orange au niveau rouge sur l’ensemble du territoire après les attentats de Londres en 2005.

L’alerte écarlate, qu’est ce que cela signifie ?

Il s’agit du niveau le plus élevé du plan Vigipirate, qui intervient avant l’application de mesures d’exception prévues par la constitution. Cela veut dire d’une part qu’il existe un risque d’attaque précise et imminente et d’autre part que les moyens déployés en conséquent sont maximum. Ce niveau, qui peut inclure des « mesures particulièrement contraignantes », ne peut être que temporaire.

Quelles dispositions sont prévues ?

En théorie, l’alerte écarlate comprend des visites et des contrôles d’accès aux trains grandes lignes, des restrictions de circulation dans les tunnels, la suspension du trafic aérien civil, la limitation ou l’arrêt de la distribution de l’eau du robinet.

Dans les dix départements concernés, « des mesures de surveillance et de protection sont mises en œuvre pour les lieux de culte israélites et musulmans, pour les écoles et commerces liés aux confessions juives et musulmanes ». L’accès à ces derniers lieux est restreint, tant pour les piétons que pour les véhicules. Les sites militaires, les gares SNCF, les aéroports et les métros font également l’objet d’une surveillance accrue. Les sorties scolaires sont annulées, et les autorités demandent aux habitants de signaler tout véhicule suspect. Enfin, des mesures de contrôle des passagers et des bagages sont prévues dans les transports en commun, les centres commerciaux, les parkings publics et les lieux de « rassemblement importants ».

Quels sont les effectifs ?

Nicolas Sarkozy a indiqué lundi soir que « 120 enquêteurs » se trouvaient d’ores et déjà à Toulouse, et que « 14 unités de CRS et de gendarmes mobiles » sécuriseront la région « tant que le criminel n’aura pas été mis hors d’état de nuire ». « Des gardes statiques seront engagés devant tous les lieux de culte juifs et musulmans » et devant « toutes les écoles confessionnelles », a poursuivi le chef de l’Etat. Lundi soir, 25 policiers du RAID sont aussi arrivés en renfort à Toulouse. Le maire de Toulouse a de son côté décidé d’armer temporairement ses policiers municipaux.

Y-a-il des précédents ?

C’est la première fois que l’alerte écarlate est franchie en France. Des niveaux « rouges renforcés » avaient déjà été mis en place, notamment en 2008 après la découverte d’explosifs au magasin parisien « Printemps ». En août 2010, la question de relever le niveau avait été évoquée, après des menaces de représailles d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), à la suite d’un raid de l’armée française durant lequel six islamistes avaient été tués. Les autorités avaient finalement décidé de procéder à « une adaptation de posture du plan Vigipirate ».