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 Les bancs de la Grotte : l’illusion comptable qui appauvrit Lourdes 

mercredi 4 mars 2026, par rédaction

Chers bancs de la Grotte.

En s’exprimant sur la réelle situation financière de Lourdes et en dénonçant les fake-news colportées par son successeur sur sa gestion, Mme Bourdeu a notamment regretté que la ville de Lourdes se soit appauvrie en vendant des bancs de la Grotte à prix trop bas. Cela méritait qu’on s’y arrête et qu’on creuse un peu.

En étudiant le sujet, on découvre le rôle en fait crucial des bancs de la grotte dans la situation financière de Lourdes et comment le maire sortant les a utilisés pour se construire une légende de gestionnaire prudent.

Il faut d’abord rappeler que M. Lavit s’est fait élire en 2020 avec la promesse d’« annuler la vente des bancs de la Grotte et établir un moratoire sur le dossier » (programme électoral Lavit 2020).

Donc comme promis, il fait annuler en novembre 2021 la délibération du 1er mars 2019 instaurant un protocole de vente des bancs transparent et protégeant les intérêts financiers de la ville.

Mais après avoir craché sur la solution de la vente de Mme Bourdeu, et proclamé vouloir stopper ces ventes, le nouveau maire s’est ravisé, en bon suiveur qu’il est, et il s’est mis à vendre à tour de bras, mais pas au meilleur prix pour la ville de Lourdes.

En se libérant des règles contraignantes d’un protocole de vente et en faisant à nouveau évaluer par les Domaines des fonds de commerce totalement affaiblis après le covid (mais qui allaient reprendre leur vraie valeur aussi vite les pèlerins revenus), la vente à prix sacrifié a pu commencer.

Le gré-à-gré dans l’entre-soi lourdais s’est déployé, et de belles affaires se sont faites effectivement, mais pas pour la ville en revanche.

Car on voit que sur plus d’une vingtaine de ventes (heureusement qu’il était contre la vente des bancs …), on dénombre 1,5 M de moins-value par rapport à la valeur estimée en 2019 par les Domaines.

Or Mme Bourdeu avait rappelé en 2018 que la justification de la vente était que la prise en charge par la Ville des obligations de travaux futurs, lesquels à raison de 30 000€ a minima par banc, se chiffrait en millions (soit 2 millions minimum et possiblement plus). Cela valait-il donc le coup de vendre les bancs et donc de renoncer aux loyers si c’était pour perdre 1,5M qu’on aurait pu dépenser nous-mêmes en réalisant les travaux ?

C’est que la vente des bancs de la grotte avait un autre grand avantage pour M. Lavit et c’est là que se trouve le pot aux roses.

La perte sèche de capital pour la ville est une chose bien regrettable pour Lourdes , 1,5 M ce n’est pas rien, mais ce n’est pas le pire.

Le pire c’est de comprendre le rôle que jouent les bancs de la grotte dans le récit créé de toute pièce par le maire sortant.

Tel un magicien, M. Lavit aurait réduit la dette comme par enchantement et tout cela uniquement grâce à son comportement économe. Pourtant les dépenses de gestion ont explosé, il ne réussit pas à dégager de l’épargne de gestion pour s’autofinancer, et il ne fait pas de nouvel emprunt, alors comment est-ce possible ?

Ce n’est possible qu’en vendant pour presque 6,5 M d’euros les bancs de la Grotte !

On comprend mieux comment l’opportuniste s’est converti à la vente des bancs : il fallait vendre à tout prix les bancs de la Grotte, quitte à les vendre un peu moins bien, pour avoir de l’argent frais pour financer l’investissement puisque la capacité d’autofinancement était non seulement inexistante mais même négative. En vendant pour 6,3 M d’euros les bancs, il n’a pas emprunté oui, et en conséquence a baissé l’endettement, mais à quel prix ? Le prix de l’appauvrissement de la ville.

Car ce qu’il a vendu pour 6,3M, il aurait pu le vendre pour presque 7,8 M.

1,5M de perte pour faire la blague et se faire passer pour le grand économe lourdais qu’il n’est pas. La victoire était trop bruyante pour être honnête… ça a permis de faire passer sous silence l’orientation déficitaire et sa dépense non maîtrisée. Belle feinte.

Il fallait surtout faire croire au Lourdais honnête que si l’endettement se réduisait c’était bien que la ville allait mieux non, c’était du bon sens ?

Et non, c’est le contraire : elle s’appauvrit la ville, et surtout elle a mangé son pain blanc.

Car quand il n’y aura plus de bancs à vendre, ni de matelas de 9M de fond de roulement laissé en 2020 par le mandat Bourdeu, qui fond comme neige au soleil lui-aussi, que se passera-t-il ? On attend les réponses précises de M. Lavit sur le budget, mais il se fait discret. Sa réponse : élisez-moi d’abord et on verra après, en attendant, je dépense !

Mais qu’est-ce qu’on a pour 1,5 M aujourd’hui ?

2 M d’euros, c’était le prix du pont du Gave lancé début 2020, présenté au conseil municipal du 20 mai 2020 et qui devait être inauguré en juin 2021. Projet abandonné par M. Lavit qui voulait mettre sa patte à l’ouvrage mais qui n’a toujours pas inauguré « son » pont, plus de 5 ans plus tard pourtant. Des problèmes de financement peut-être ?

De mauvaises finances et toujours pas de projets vraiment réalisés. Ça donne envie de rempiler c’est sûr.