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Loup dans les Pyrénées : Le véritable danger, c’est l’accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande ! (communiqué ATTAC 65)

samedi 23 juillet 2022 par rédaction

Alors que le président E. Macron tente de rassurer les éleveurs de brebis
du Hautacam quant à la présence du loup, il oublie de désigner un autre
prédateur qui est bien plus dangereux : l’accord de libre-échange avec
la Nouvelle-Zélande.

Lors d’une étape du Tour de France dans les Hautes-Pyrénées
(Lourdes-Hautacam), le Président de la République a rencontré les
éleveurs de brebis impactés par la prédation récente du loup dans la
montagne du Hautacam. Les dégâts provoqués par l’animal ont généré
une angoisse importante parmi les éleveurs, qui ont demandé une
intervention imminente de l’État.

Mais un autre prédateur est en passe de fondre sur les troupeaux d’ovins
des Pyrénées : l’accord de libre-échange entre l’Union européenne
et la Nouvelle-Zélande, dont les négociations de préparation viennent
d’aboutir fin juin 2022.

Le Président de la République a peut-être oublié de préciser aux
éleveurs rencontrés à Argelès-Gazost que c’était sous la présidence
française de l’UE – qu’il représentait donc jusqu’à fin juin –
que les négociations de cet accord ont été finalisées.

Comme c’est systématiquement le cas dans ce type d’accord commercial
qui concerne un grand nombre de secteurs économiques, l’agriculture
européenne et française servira de variable d’ajustement. L’élevage
ovin sera en particulier sacrifié face à une industrie laitière et de
viande néo-zélandaise autrement plus puissante en termes de dimension et
de normes de production et sanitaires moins exigeantes. Comme d’habitude,
l’UE est prête à offrir des quotas de viande qui mettront encore en
difficulté la filière, et donc les territoires.

Sans oublier que ce genre d’accord commercial international peut contenir
un dispositif de RDIE (règlement des différends investisseurs-Etats ;
ISDS en anglais) permettant aux grandes entreprises de poursuivre les Etats
auprès d’arbitrages privés si elles estiment que leurs bénéfices sont
remis en cause.

Ce qui permet à Michel Sanciaud, président d’Attac65, de déclarer :
« Pour les éleveurs des Pyrénées, le prédateur le plus dangereux
n’est pas le loup mais l’accord entre l’Union européenne et la
Nouvelle-Zélande. Espérons que M. Macron a pu les prévenir, lui qui
était forcément au courant. Plutôt qu’une "brigade loup", nous
attendons une "brigade accord de libre-échange" ».

« Et quelle absurdité de vouloir faire venir des marchandises des
antipodes en ces temps de réchauffement climatique ! »