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Plan de relance du tourisme : ce n’est pas gagné pour les socio-professionnels de la cité mariale ! (ACTUALISÉ)

lundi 12 juillet 2021 par rédaction

Vendredi en début de soirée, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au Tourisme, avait rendez-vous au Grand Hôtel Moderne exploité par Joseph Tedesco, avec les socio-professionnels pour faire le point avec eux sur les difficultés qu’ils rencontrent dans le cadre de la relance de leurs affaires, après avoir été gravement touchés depuis 2019 par les conséquences de la crise sanitaire. Carole Delga, présidente de la Région, qui les a accompagnés depuis l’origine, était présente pour tenter de les rassurer, tout comme François-Xavier Brunet, président de la CCCI 65 qu’accompagnait son collaborateur David Gineste, plus particulièrement chargé du Guichet unique, dispositif mis en place par l’Etat et la Région pour accéder à l’ensemble des aides les concernant. C’est justement parce que le Grand Hôtel Moderne avait bénéficié de ce dispositif que ce lieu avait été choisi pour évoquer les principaux dossiers dont dépend le proche avenir de l’économie lourdaise, car les mois à venir jusqu’à avril 2022 seront déterminants.

François-Xavier Brunet a remercié Jean-Baptiste Lemoyne et Carole Delga de s’être déplacés. « C’est important pour nous que tous les acteurs soient mobilisés autour du dossier de Lourdes. C’est important aussi d’avoir un interlocuteur au sein du gouvernement qui connaît, comprend, qui aime notre dossier. Nous travaillons tous en collaboration avec l’ensemble des collectivités et les services de l’Etat de manière tout à fait exemplaire pour accompagner les acteurs économiques du tourisme ici à Lourdes, et ce dans le cadre de la mise en œuvre des mesures décidées lors du 1er comité interministériel du Tourisme. Nous nous sommes mobilisés à la Chambre de commerce et d’industrie pour animer le guichet unique. Je tiens à présenter et à saluer l’action formidable de notre collaborateur David Gineste, référent tourisme à la CCI. Pour autant, nous sommes encore au milieu du gué. Toutes les mesures mises en place sont utiles, précieuses mais nous savons que nous sommes ici sur une activité qui va tarder à redémarrer parce nous dépendons du retour de la clientèle internationale ». (AUDIO ci-dessous)

David Gineste a évoqué le Guichet Unique : « C’est une collaboration entre les services de l’Etat, la CCI, les services de la Région, plus spécifiquement sur le secteur du tourisme. Nous agissons en binôme avec Vincent, le stagiaire de l’Etat à la préfecture qui gère l’aspect partenarial et tout ce qui concerne le dialogue avec les différents partenaires. J’interviens plus sur la partie opérationnelle, avec des rendez-vous individuels afin de pouvoir conseiller les entreprises au mieux sur les différents dispositifs qui s’offrent à eux et que peuvent proposer la région Occitanie, la BPI, la Banque de France avec la médiation du crédit, le Codefi avec la direction départementale des finances publiques. A l’heure actuelle, on a traité une cinquantaine de dossiers. Normalement tous les professionnels ont pu bénéficier de cet accompagnement et les orienter vers les différents financeurs. Deux millions d’euros ont transité par le Guichet Unique (1,1 M€ pour l’Etat et 900 000 € pour la Région). L’idée de ce dispositif, c’est d’avoir tout le monde autour de la table, d’avoir un force de frappe qui rassemble tout le monde et en même temps d’avoir ce contact hyper-individualisé. Une relation de confiance s’est établie. Ça permet de dynamiser les discussions ».

Hervé Jeanson, président du Club des Hôtels de Lourdes : « Avec le club des hôteliers que nous représentons et avec Christian Gélis, président de l’UMIH, on n’a jamais travaillé autant avec les institutions. Des choses concrètes se passent. Par exemple avec le Sanctuaire. Aujourd’hui, on a mis en place un groupe de travail pour institutionnaliser une rencontre tous les mois. Nous travaillons sur des sujets concrets. Début juin, nous avons parlé à l’ensemble des directions de pèlerinage et des hospitalités françaises sur 3 webinaires. On a touché au total 600 personnes. Il y avait les transporteurs autocaristes, la SNCF, l’hôtellerie et le Sanctuaire. On a parlé d’une seule voix pour dire : Venez à Lourdes, c’est sûr. Avec le Sanctuaire, nous sommes très impliqués dans les Nuits de Lourdes, tous les hôtels faisant la promotion de l’événement, des Estivales de Lourdes. Il y a tout un dispositif de ventes et de promotion que l’on ne faisait pas avant. Avec le sujet de la certification, on a labellisé ou en en passe de l’être 50 établissements avec le Bureau Véritas. La bulle sanitaire, c’est Lourdes. C’est quelque chose d’unique, Lourdes a une spécificité sur ce point-là. Nous avons lancé aussi un autre sujet avec HPTE (Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement) au niveau du département, ce sont les formations, des ateliers pour inciter les chefs d’entreprise et leurs équipes à suivre des formations sur les prix. Des clés de déverrouillage sont à mettre en place. Avec la Région aussi à travers de Jean-Louis Cazaubon qui nous aide beaucoup, il y a de la bienveillance, de l’écoute au niveau des sujets commerciaux. Le contact est facile, direct et efficace. Avec M. le préfet aussi. Les OTA et les agences online jouent pour nous un rôle décisif, surtout en temps de crise. Les OTA c’est 80% des nuitées générées par les individuels dans nos hôtels. Il y a une approche avec ATOUT France. Un seul point sur lequel nous sommes un peu déçus, c’est Booking dont on attendait des mesures spécifiques sur Lourdes, mais finalement on est traité comme une destination lambda. Lourdes a besoin de cette force. Avec Expédia, on est en attente d’une réunion avec M. Pinard. Malgré tout ça, l’année dernière, l’activité économique dans nos entreprises c’était – 85% de nos chiffres d’affaires. Cette année, nous confirmons qu’on va être sur du – 90%. Lourdes est un marché de groupe à 80% dans nos hôtels et dans les 80% c’est à 70% de l’international. On est très pro-actifs, très décidés. On parle tous d’une seule voix. Lors de notre assemblée générale, la semaine dernière, on avait l’équivalent de 7000 chambres sur 10 000. Dans ce contexte, on a des enjeux : la continuité du fonds de solidarité et de l’activité partielle jusqu’à avril 2022. Un deuxième sujet dont on a peu parlé mais qu’on touche du doigt maintenant c’est le capital humain, c’est l’actif principal de nos entreprises, ce sont les saisonniers. C’est un sujet majeur. Sur 2500 emplois saisonniers du bassin de Lourdes, 1300 personnes sont parties. Il n’en reste plus que 1200. Concrètement, sur cette saison qui va être dégradée en termes d’activité, on a du mal à boucler nos équipes. On a un enjeu majeur pour 2022 pour pouvoir opérer. A ce sujet, avec le club nous allons proposer des initiatives. Il va falloir aller chercher nos saisonniers aujourd’hui en nombre insuffisant sinon Lourdes ne pourra pas redémarrer. Le troisième enjeu c’est la commercialisation. On doit travailler sur des nouveaux rassemblements, des nouvelles clientèles à aller chercher. Un dernier point que Christian Gélis va aborder c’est la gestion du mur de la dette, résultant des PGE, des reports de prêts et d’une activité qui va tarder à repartir »

Christian Gélis, président du syndicat UMIH : “Nous avions proposé, et à l’époque cela avait été repris dans la feuille de route en parlant d’une défense sectorielle, il nous semble qu’Il faut trouver peut-être même pour l’ensemble de la filière tourisme en France un fonds de restructuration, un fonds de retournement, un fonds de dette qui s’assimile un peu à ce qui a pu exister lorsqu’il y a eu des dettes de guerre ou de crise à financer c’est qu’à un moment donné, il faut sanctuariser, cantonner la dette. (Audio ci-dessous)


Emilie Auburgan, présidente de l’association des saisonniers : “Il y a des saisonniers qui viennent moins au comptoir alimentaire car plusieurs ont repris une activité partielle ou se sont reconvertis dans le bâtiment, les supermarchés, l’aide à la personne. Il y a des petits soucis avec le RSA, supprimé au bout de 3 mois pour des personnes européennes. Ce n’est pas normal à partir du moment où l’on paie des impôts en France”


Frédéric Costa, responsable des transporteurs-autocaristes lourdais, fait observer que sa profession appartient à l’écosystème lourdais et touristique. “On est un acteur important de cet écosystème, avant tout touristique. Nous transportons chaque année plusieurs centaines de milliers de pèlerins en saison normale. On les amène aussi visiter les grands sites. On est acteur de la dynamique touristique locale et régionale avec un parc de véhicules de qualité. On a aussi développé dans nos savoir-faire le transport des personnes malades. Comme tous les hôteliers, nous cochons toutes les mauvaises cases”. (Audio ci-dessous)



Jeanine Dubié, députée, a pris la parole concernant les organismes de crédit-bail, regrettant qu’on ne puisse pas faire intervenir la médiation juridique. Le directeur de la Banque de France précise qu’il peut mettre autour de la table les banques mais pas les organismes de crédit-bail.


Jean-Aimé Boutelier, représentant les grossistes et fabricants : “Du côté des fabricants, la problématique rencontrée aujourd’hui c’est de conserver notre savoir-faire. Les gens sont prêts à partir. Ils en ont marre. On a besoin des plans de formation. S’agissant des grossistes, la problématique des transports internationaux se pose. Le coût des transports internationaux continue de flamber, ça posera des problèmes. Autre problème, le mur de dettes au niveau social par rapport aux congés payés”.


Claudine Aubert, présidente des commerçants en articles religieux et souvenirs de Lourdes : “Le cœur du réacteur ce sont les sanctuaires, ensuite les hôteliers, les transporteurs et nous qui sommes très dépendants de cette chaîne-là. Cette crise du Covid aura fait quelque chose : on s’est mis tous à travailler ensemble. Un grand merci à l’Etat de nous avoir aidés jusqu’à présent pour peut-être nous lâcher maintenant alors qu’il reste ce laps de temps à tenir. Il reste peut-être 6 mois, alors svp encore aidez-nous !”


Carole Delga a répondu sur la question du PGE, les ressources humaines, etc. (Audio ci-dessous) 



Jean-Louis Cazaubon, vice président de la région Occitanie : 



Les remerciements de Jeanine Dubié (Audio ci-dessous)



La conclusion de Jean-Baptiste Lemoyne (Audio ci-dessous)