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Rencontre avec les dirigeants du Club de Sports Lourdes Hautacam

samedi 6 mars 2021 par rédaction

Les relations tendues entre la municipalité lourdaise et le Club des Sports Lourdes Hautacam alimentent les conversations non seulement dans le milieu associatif lourdais mais également dans notre cité. La suppression de la moitié de la subvention attribuée au Club des Sports Lourdes Hautacam, tout comme au Ski Club Lourdais prêt, dit-on, à se priver de la totalité des subsides qu’il reçoit du SIMAJE, a tout déclenché. Le communiqué cinglant paru jeudi sur notre site traduisait le malaise existant. Nous avons voulu en savoir un peu plus en sollicitant une entrevue auprès de l’équipe dirigeante, laquelle a d’ailleurs changé de président depuis quelques jours. Martial Martreuil, président fondateur du CLSH, a rendu son tablier. La raison avancée, c’est l’âge : 81 ans. Il aurait souhaité passer la main à quelqu’un de plus jeune. Pour certains, ce sont des raisons que l’on qualifiera de personnelles, nous n’entrerons pas dans le détail. Le nouveau président est Edouard Da Silva qui nous a donc reçu dans le local du club, place Capdevielle. IL était accompagné de Patrice Santos, Christelle Zordan trésorière, Jean-Louis Labadé, trésorier adjoint, Maïalen Dupire, secrétaire adjointe.

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Cet entretien nous a d’abord permis d’avoir la confirmation qu’un nouveau président, en l’occurrence Edouard Da Silva, avait été élu dernièrement. « Ça s’est passé en conseil d’administration il y a 15 jours, au cours duquel le président a démissionné. Il a souhaité que je sois le nouveau président, sans être candidat. J’ai accepté parce qu’on avait une bonne équipe et que j’étais au club depuis 20 ans ». “ Et qu’il fait l’unanimité au sein du club et qu’il est là pour rassembler tout le monde, souligne Patrice Santos, son ami de longue date. “Il aurait pu aller jusqu’à la fin de l’année, jusqu’à la date de notre assemblée générale de novembre, ajoute son successeur, puisque le ski est à l’arrêt.”

 

Retour sur le dernier conseil d’administration

“Nous avions fait cette réunion du conseil d’administration pour parler de la fusion ou de la non fusion. C’est ce jour-là que Martial Martreuil nous a présenté sa démission. Nous étions 12 sur les 17 membres du conseil d’administration. Les 12 membres se sont prononcés à l’unanimité contre la fusion.

Patrice Santos revient ensuite sur la réunion qui s’était déroulée auparavant à la mairie de Lourdes : « À la mairie de Lourdes, comme l’a dit Monsieur le Maire, notre président Martial Martreuil a été convoqué début janvier. Le lendemain, c’était autour du Ski Club Lourdais. Dix jours après, notre président a reçu un courrier où il était seul invité à se rendre à la mairie pour discuter du SIMAJE, l’instance qui attribue les subventions aux deux clubs de ski lourdais. On a été convoqués avant l’élection du SIMAJE du 12 janvier. Après cette date, il y a eu une autre réunion du SIMAJE pour décider de la non subvention pour les deux associations. M. Lavit a refait une réunion derrière avec les deux clubs et c’est là qu’il a rendu officielle la non subvention du SIMAJE pour les deux clubs. Mme Mazurek (vice-présidente du SIMAJE et adjointe au maire de Lourdes), a dit à ce moment-là : 12 à 0. C’est-à-dire 12 voix contre 0.

« Pour en revenir à cette convocation, on avait eu vent que le maire allait convoquer 5 dirigeants du Ski Club Lourdais, 5 dirigeants du Club des Sports Lourdes Hautacam et 5 élus municipaux. Nous avons été surpris que notre président Martial Martreuil soit seul convoqué. Malgré ça on a décidé de l’accompagner. Avec lui il y avait donc Édouard Da Silva et Patrice Santos. Effectivement, lorsque l’on est arrivé à la mairie, il y avait 5 élus du Ski-Club Lourdais et 5 élus de la mairie. Dès qu’on est entré dans la salle on a senti qu’il y avait une tension, on nous a regardés bizarrement. On s’est dit “il va y avoir match ce soir”. Dès que le maire nous a dit de nous présenter, nous lui avons fait part de notre mécontentement par rapport à ce genre de convocation, qu’il y avait anguille sous roche. Au départ, il s’est mis dans tous ses états. Après avoir demandé et examiné le courrier, il a constaté que seul le président était effectivement convoqué. C’est ce qui explique le mot “scandale” dans le communiqué. Pourquoi convoque-t-il 5 élus du Ski Club Lourdais et nous, il nous met un peu à l’écart ? Sans doute parce qu’il y avait des intentions qui n’étaient pas favorables pour notre club. La réunion a débuté. Il a commencé par nous parler durant une demi-heure des hôteliers, des saisonniers, de l’Ophite. Ensuite on en est venu au SIMAJE, balayé en 5 minutes ! Puis questions-réponses sur la fusion. On a pris ce genre de convocation pour un scandale.

Maintenant que comptez-vous faire ? « Nous aimerions que ça s’apaise et que ça rentre dans la normalité » répond Édouard Da Silva. On demande qu’il remette la subvention comme c’était auparavant, on ne demande pas plus, on demande de nous laisser tranquilles. On est là pour les enfants, nous sommes des bénévoles, on n’a rien à gagner sauf accompagner les enfants (60 cette année). On a rien d’autre à gagner que le respect »

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Thierry Lavit a évoqué en conseil municipal la possibilité de monter un grand club consacré à la montagne. « Il nous a parlé de ça. Quand l’Ophite sera démolie, il fera une grande maison de la montagne vers la vallée avec toutes les activités (Ski de fond, ski de piste, le KL). “Donc ça serait bien que vous vous initiez”, nous a-t-il suggéré. Je crois qu’il est un peu dans le rêve. On se demande dans quelle année il fera ça, qu’il y mettrait les moyens. Il n’en a pas. Il l’est sort d’où les moyens ? Apparemment, il aurait des investisseurs ! »

Un fonctionnement différent

Patrice Santos : « Nous avons un fonctionnement différent que le Ski Club Lourdais. Nous avons une équipe de compétition qui est, au club, notre vitrine mais également à la ville. Quand nos gamins montent sur les podiums, il y a le nom de Lourdes Hautacam. Sur les combis, le nom de Lourdes figure. Nous ne sommes pas là que pour faire de la compétition, on fait également de la formation. Je ne vois pas en quoi on dérange. On a également un groupe “Passion” composé d’ados ayant école le mercredi et qui ne souhaitent pas quitter notre club, désirant continuer l’aventure avec nous. Certains de ce groupe vont même monter en compétition. Actuellement on est en train de discuter pour monter un groupe Microbes (U8, U10) avec 12 moniteurs. »

 

Pourquoi n’y aura-t-il pas de fusion ? « Tout d’abord on a deux fédérations différentes. Nous sommes à la FFS, nos licenciés sont à la FFS. Eux, ils ont leurs licenciés à l’UFOLEP. Actuellement ce n’est pas possible, que ce soit pour l’encadrement et pour d’autres raisons. Nous, on sait ce qu’on fait, eux ils font ce qu’ils ont à faire. On sait ce qu’on fait avec nos gamins, que ce soit en matière de sécurité, en matière d’accompagnement. »

 

Les différences au sujet des licences

Patrice Santos : « Les licences UFOLEP coûtent moins cher c’est vrai. Par contre, il n’y a pas les mêmes garanties. En cas d’accident, sur le territoire français, si chez nous un gamin se blesse, les parents n’avancent rien du tout. A l’UFOLEP, les parents avancent l’argent, ils sont remboursés dans le temps. On est assuré aussi en montagne l’été. L’assurance dure un an. A l’UFOLEP, si on veut faire de la compétition, on peut prendre une licence FFS pour un week-end. Ça coûtera 15 € par chaque compétiteur et pour chaque course. S’ils veulent faire 10 courses dans l’année, ça leur coûtera 150 € par enfant, ce n’est pas viable ».

Patrice Santos : « Quand Thierry Lavit parle de prestataire de service, notre Fédération a des accords avec les clubs, nous sommes obligés de prendre des moniteurs à l’ ESF. Nous avons un entraîneur à l’ESF (Bruno Courade). Si on ne passe pas par là, il n’y a pas de compétition, il n’y a pas de piste. Un directeur de station ne mettra jamais à disposition une piste à une autre fédération. Moi, en tant que moniteur fédéral, je ne me vois pas encadrer la compétition. Ce n’est pas du tout le même ski. Nous, on a la compétence pour encadrer de jeunes licenciés, les former, des débutants aux flèches. La compétition demande d’autres compétences. Quand le maire dit que la compétition coûte cher oui, c’est vrai. Ça coûte cher au club, ça coûte cher aussi aux parents. Quand on regarde les autres associations lourdaises (rugby, hand, basket, football, tennis) ils font de la compétition. Je pense que notre équipe de compétition coûte moins cher. À côté de ça, on a le loisir pour les scolaires. Quand on nous parle que le SIMAJE supprime notre subvention, on a du mal à le comprendre puisqu’on amène au ski des scolaires. Les gamins sont issus des écoles lourdaises ou des alentours. Quand on nous parle d’illégalité, nous aimerions savoir pourquoi. Lors de cette réunion à la mairie, nous avons dit à Madame Mazurek que chez nous il y a des moniteurs fédéraux qui ont été habilités par la Jeunesse et les Sports à accompagner (bénévolement) les enfants scolaires (notamment Honoré Auzon) le lundi. Pendant 4 lundis, ils ont pu aller à Cauterets. Cette année, 4 monitrices ont été formées par notre club ».

 

Cela a évidemment des conséquences sur le plan financier. « Nous sommes sortis 17 fois cette année pour la compétition, 3 fois pour les scolaires et 6 fois pour le groupe Passion. En plus d’être bénévoles, on donne de notre argent pour accompagner les enfants ».

Comment s’annonce la suite ? « On va réunir le conseil d’administration pour refaire un bureau. Et on attend que le maire veuille nous convoquer s’il en a l’intention. Nous avons eu l’accusé de réception de notre courrier réclamant un entretien. Mais on n’a toujours pas de réponse ».

G.M.