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Usine Toupnot : « Le groupe Cofigeo n’a pas tenu ses engagements »

jeudi 21 janvier 2021 par rédaction

Le 9 janvier 2021, date anniversaire de triste mémoire de l’incendie qui ravagea leur usine, les salariés de Toupnot s’étaient donné rendez-vous place de Verdun à Tarbes à l’occasion de la venue du Premier Ministre dans le département, Philippe Combes délégué syndical CGT de l’entreprise, avait été reçu par un conseiller du Premier Ministre pour l’occasion. Il était revenu durant les 5 minutes qui lui furent accordées sur les deux années écoulées.

L’entreprise Toupnot était passée en 2015 sous le contrôle du groupe agroalimentaire COFIGEO.

Ce dernier avait bénéficié de l’aide exceptionnelle de l’Etat et d’une intervention directe du Ministre de l’Economie Bruno Le Maire, à l’occasion du rachat en 2018 du groupe Lafayette Turenne (William Saurin, Liebig….).

Bruno le Maire avait alors décidé de passer outre l’avis négatif de l’autorité de la concurrence en avalisant l’opération de rachat et en permettant au groupe COFIGEO de devenir monopolistique sur des segments de marché agroalimentaire.

Cette intervention exceptionnelle de l’Etat, motivée par le souci légitime de préservation de l’emploi, était expressément conditionnée dans la décision Ministérielle au maintien du niveau de l’emploi jusqu’en juillet 2020 dans l’ensemble des entités du groupe, dont TOUPNOT faisait partie.

Cette condition, COFIGEO ne l’a pas respectée et n’a jamais tenu les engagements pris devant le Ministre, le Préfet des Hautes Pyrénées et les élus locaux durant les deux années de combat que les salariés et leurs familles ont mené pour exiger la reconstruction d’une usine et le maintien de leurs emplois.

Aujourd’hui, alors que la holding du groupe a transféré sur ses comptes les 22 millions d’euros d’indemnisation des assurances dues à Toupnot, les salariés attendent que les pouvoirs publics mettent tout en oeuvre pour que ces sommes soient affectées à la revitalisation du territoire et au financement du Plan de Sauvegarde de l’Emploi qui a finalement frappé les 72 salariés de l’entreprise.

Là encore cette demande correspond mot pour mot aux engagements pris en Préfecture le 15 juillet 2019 par M. Eric le Gouvello, dépêché pour l’occasion par le groupe COFIGEO, et intronisé président éphémère de l’entreprise Toupnot.

« Au cours de leurs deux années de lutte les salariés de Toupnot ont pu constater toute la mauvaise foi dont était capable ce groupe, ils ont appris à quel point la parole donnée, y compris devant les pouvoirs publics, pouvait s’avérer évanescente, souligne Philippe Combes, représentant CGT des salariés de Toupnot. Aujourd’hui, à l’aune de l’expérience qu’ils ont vécue, ils n’ont aucune confiance dans la parole de dirigeants qui n’ont cessé de mentir aux parlementaires, au Ministre, au Préfet et à leurs salariés ».

Le 19 janvier 2021, lors d’une conférence téléphonique avec Guillaume Cadiou, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises dépendant directement du Premier Ministre, et à la veille d’une réunion qui se tenait en préfecture ce jeudi 21 janvier, les représentants du personnel ont demandé que le ministre de l’Economie et de la Relance Bruno Le Maire intervienne personnellement pour obtenir des dirigeants du groupe COFIGEO :

• L’affectation des indemnisations perçues des assurances à la revitalisation du territoire.

• Un engagement écrit du groupe COFIGEO assurant les salariés de Toupnot du respect TOTAL des modalités du PSE conclu.

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A l’issue de la réunion avec le préfet, Philippe Combes et José Navarro, délégué de l’UD CGT ont tenu une conférence de presse pour faire le point de la situation.

Aujourd’hui, sur les 72 salariés, 25 personnes sont en formation, une dizaine sont en recherche d’emploi, 5 en voie de création d’entreprise, d’autres ont retrouvé de l’emploi (par l’intérim ou éphémère). Entre 10 à 15 personnes ont obtenu un CDI.

L’été dernier, le préfet avait engagé des discussions avec l’entreprise Toupnot et le groupe COFIGEO pour une convention de revitalisation territoriale afin de permettre la création d’emplois non plus sur le site de Toupnot avec une usine reconstruite mais en aidant d’autres projets. « Tout est une question de montants. Finalement seuls 431 000 euros sur les 22 millions d’euros des assurances vont être mobilisés dans le cadre d’une revitalisation qui a une durée de 3 ans », fait observer José Navarro. (AUDIO ci-dessous)

Conclusion de Philippe Combes : « Une convention de 431 000 euros comparée aux 22 millions c’est un peu juste mais légalement c’est la seule chose que l’Etat pouvait leur demander. Le protocole de suivi des fonds Toupnot c’est une très bonne chose puisque nous aurons au moins un détail complet de toutes les transactions. Ce que j’ai un peu amer, c’est que jusqu’à présent nous avons toujours fait confiance pour la reconstruction du site. Ils n’ont pas tenu parole. Pour la énième fois nous les sollicitons par rapport à ce porte-fort. Comme vient de vous le dire M. Navarro, aucune réponse ni du Premier ministre ni du ministre de l’Economie. J’espère que ces gens-là vont avoir au moins l’envie et la responsabilité de nous répondre positivement et qu’ils fassent quelque chose par rapport à cette consignation de dépôt de cette somme » (Audio ci-dessous)