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Libération de la ville de Lourdes : le récit du dernier survivant présent le 19 août 1944

lundi 17 août 2020 par rédaction

Le 19 août 2020, à 12h, au square Charles de Gaulle, sera célébré le 76ème anniversaire de la libération de la ville de Lourdes. Nous avons été contacté par un Lourdais, aujourd’hui âgé de 90 ans, qui était présent le 19 août 1944, devant l’hôtel Terminus, face à la gare SNCF, lorsque les quelque 400 soldats allemands se sont rendus au capitaine Honoré Auzon, et ont déposé les armes, sans qu’aucun coup de feu n’ait été tiré.

« Il y a 76 ans, j’avais fait la promesse à mon père de garder le silence sur les circonstances exactes de la reddition des Allemands auprès d’Honoré Auzon. J’ai vu sur lourdes-infos qu’une cérémonie aura lieu le mercredi 19 août prochain. C’est pour cela que je t’appelle. Honoré Auzon était radical-socialiste comme mon père et que je retrouvais souvent au siège du parti radical, à côté du commissariat, près du château-fort. Un jour, Honoré Auzon a reçu à l’hôtel Terminus les officiers allemands, lesquels étaient arrivés de Pierrefitte, de Luz et de plusieurs lieux du secteur. Ils étaient sur la place de la gare. Je t’appelle pour te donner une version inconnue de cette reddition des Allemands. Honoré Auzon avait eu des contacts avec le groupe FFI de Tarbes auquel il avait réclamé le soutien pour le désarmement des quelque 400 allemands, présents sous les arbres, place de la gare. Je ne sais pour quelles raisons les FFI ont été retardés. Honoré Auzon s’est retrouvé seul pour obtenir la reddition des soldats allemands. Il est sorti du Terminus. Il y avait à ce moment-là, un agent du commissariat de police de Lourdes dont je ne connais pas le nom. Cet agent de police a récupéré les gens qui se trouvaient présents à ce moment-là, autour de midi. Il y avait un homme, une dame d’un certain âge et deux gamins âgés de 14 ans pour donner un coup de main. Ces deux gamins s’appelaient Maurice P. (décédé en 2018), l’autre c’était moi-même. Nous nous promenions par là, et habitions le même quartier de Lourdes, pas très loin de là. Sous les ordres de leurs officiers, les 400 allemands ont accepté de remettre leurs armes, sur les bras qui leur étaient tendus, aux 5 personnes qui ont commencé à les déposer devant l’hôtel Terminus. Aucun coup de feu n’a été tiré. Je tiens à préciser le rôle important joué par l’agent de police. Il s’est aperçu en effet que le seul homme adulte présent avec lui s’était emparé du drapeau nazi et qu’il allait y mettre le feu. L’agent de police a sans doute évité une rébellion, voire je le suppose un massacre, ordonnant qu’on lui rende le drapeau et l’a rapporté lui-même aux Allemands. Je voudrais rendre hommage à son rôle historique car aucun coup de feu n’a été tiré. Les FFI (ils étaient 7 ou 8 arrivés à bord d’une camionnette découverte) ont terminé le travail de désarmement en arrivant sur le coup de 14h30 - 15h. Les deux gamins sont alors repartis chez eux sans aucun titre de gloire. Lorsque j’ai raconté cette reddition allemande à mon père, il m’a sermonné, car n’étant pas venu manger, il ne savait pas où j’étais. Quand il a su la façon dont s’était passée cette reddition peu flatteuse, ni héroïque pour l’histoire, Honoré Auzon a demandé à mon père que ces deux gamins ne racontent pas que ce sont deux gosses de 14 ans qui ont aidé trois adultes à commencer le désarmement des 400 allemands, désarmement terminé par les FFI arrivés de Tarbes. La promesse, je l’ai tenue jusqu’à ce jour. ».

Qu’on ne se méprenne pas : ce récit n’entend pas mettre en doute le rôle important d’Honoré Auzon, alias « Capitaine Léon ». C’est juste pour évoquer la présence de deux gamins de 14 ans qui se sont trouvés là par hasard et qui n’ont cherché à tirer aucune gloriole tout au long de leur vie.

G.M.