Ah, notre maire… Ce héros de l’ombre, ce chevalier de la calculette, ce ninja du tableau Excel. Grâce à lui, la dette de la ville a fondu comme neige au soleil. Enfin… comme neige au soleil dans une ville sans budget pour le déneigement.
Pendant que les chiffres dansent la samba sur les graphiques, les trottoirs, eux, font du breakdance involontaire sous les roues des poussettes. Les fêtes municipales ressemblent à des réunions de copropriété en fin de bail, et les bancs publics ont entamé une grève de l’esthétique.
Mais attention, ne soyons pas ingrats : grâce aux économies, on a pu imprimer de magnifiques panneaux "DETTE DIVISÉE PAR 2"… qu’on a plantés dans des nids-de-poule. C’est ce qu’on appelle de la communication immersive.
Alors oui, notre ville est un peu cabossée, un peu triste, un peu... post-apocalyptique. Mais elle est désendettée. Et ça, c’est beau. Enfin, c’est beau sur papier. Parce qu’en vrai, on a du mal à le voir derrière les herbes folles et les barrières de chantier.
J.A.










