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7 Questions à David MILLIAT, auteur du livre " J’ai décidé de Vivre "

lundi 4 novembre 2019 par rédaction

1) Vous avez publié votre premier livre « J’ai décidé de Vivre  » Comment vous est venu ce besoin de vous confier ?

En fait c’est un éditeur avec qui je travaillais qui me l’a proposé, Michel Cool. A l’époque Michel réalisait une chronique littéraire dans l’émission. Alors que nous discutions dans un café, le serveur m’a reconnu. Pas pour l’émission du Jour du Seigneur qu’il ne regardait pas mais une émission de Frédéric Lopez à laquelle j’avais participée sur la thématique des « orphelins devenus adultes ». Michel m’a convaincu de raconter mon histoire pour donner de l’espoir à ceux qui vivent des situations similaires ou difficiles. Je me suis dit qu’assumer cette histoire publiquement me permettrait moi aussi de passer une étape.

2) « L’essentiel n’est pas visible  » écrivez-vous page 97, mais comment, en état de souffrance permanente, saisir les occasions salutaires pour rebondir ?

Quand on est au fond du fond, quand la désespérance est telle que la réalité nous échappe, que la souffrance psychique devient physique, la moindre joie qu’on ressent à l’intérieur de soi, est un moteur puissant pour avancer et revenir à la surface. 

3) Prisonnier de ses émotions un silence s’installe, mais pourtant le corps ne cesse de s’exprimer ?

Oui le silence, quand il est subit, quand il empêche les émotions de s’exprimer, bousille tout. Il fait mal au sens littéral. Le corps ramasse. Il faut bien que la souffrance s’exprime quelque part. Après exprimer ses émotions, quand on pas l’habitude de le faire, représente un grand risque : « je vais être emporté par la peine et la souffrance ». Il y a un temps pour tout. 

4) A la mort de vos parents vous avez été aidé par des membres de votre famille, très entouré, mais cela ne suffisait pas à calmer vos angoisses ?

J’ai eu en effet une immense chance. Je la mesure chaque jour. J’aurais pu terminer je ne sais où. Mais j’ai été aimé. Cet amour m’a sauvé. Après tous mes repères, toute ma confiance, le cœur de mon monde d’enfant a explosé du jour au lendemain. Je me demande encore comment je ne suis pas devenu fou. Ou étaient mes parents ? Ils ne pouvaient pas être mort. Qu’est-ce que la mort ? Qu’allais-je devenir sans eux ? Pour m’en sortir j’ai fui ces questions pendant des années. Le déni m’a permis de me construire. Le problème c’est que ces peurs sont enfermées dans un coffre intérieurs et qu’elles vivaient en moi, sans même que je m’en rende compte. Elles m’ont submergé, plus tard, adulte….

5) A chaque page ce « manque d’amour  » vous empoisonne la vie, et aujourd’hui qu’en est-il ?

Aujourd’hui encore. D’autant que j’ai fait exploser la famille que j’avais construite. Mais c’est pour me confronter, enfin, à ce manque d’amour originel que j’ai choisi de prendre un chemin différent. Chemin qui me conduit peu à peu à découvrir le vrai moi, capable d’être aimé et capable d’aimé. 

6) Vous présentez, depuis 2012, « Le Jour du Seigneur  » sur France2 en direct, vous êtes justement à Lourdes le 10 novembre prochain. Qu’attendez-vous de particulier en venant dans cette belle Cité Mariale ?


Lourdes est un rdv annuel pour moi. Je m’y rends une ou deux fois par an. Nos téléspectateurs sont toujours au RDV ! Ils s’y sentent bien. En ce qui me concerne, je n’ai jamais été fan de la cité mariale. Marie, la grotte, les apparitions, les miracles, ce n’est pas mon truc… Mais bizarrement très récemment j’y ai vécu une expérience très forte, partagée.. Certains parleraient d’une grâce. J’y vois un moment important. Peut-être la suite de mon chemin de Compostelle initié cet été… 

7) Vers 16H, toujours à Lourdes, vous êtes invité à une rencontre dédicace à la Librairie catholique « Les Bons Livres  ». Dialoguer avec le public c’est votre domaine de prédilection ?

La relation, quelle qu’elle soit, c’est pour ça que je fais ce métier… C’est pour ça aussi que je vis….

Eric MUTH