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Les salariés de l’usine Toupnot de Lourdes espèrent que l’Etat et les pouvoirs publics vont se positionner

mardi 19 février 2019 par rédaction

Ce mardi, à 13h, les salariés de l’Usine Toupnot ont tenu une conférence de presse, rappelant la grande manifestation prévue sur Lourdes pour le samedi 23 février2019, à 10h30, devant l’entrée de l’usine. Le cortège traversera la ville pour se rendre jusqu’à la mairie.

Philippe Combes, secrétaire CHSCT de la société Toupnot, auprès duquel se tenait José Navarro à la tête d’une délégation de l’UD CGT, a répondu aux questions des médias.

Les questions à Philippe Combes,
secrétaire CHSCT de la société Toupnot

Philippe Combes : On vous a réunis aujourd’hui parce que Toupnot se rend compte que le groupe n’a toujours pris aucune décision. On veut sensibiliser l’État, les pouvoirs publics. Il faut que l’Etat se positionne sur le sujet. Samedi, on organise une manifestation qui va partir d’ici, de Toupnot pour aller jusqu’à la mairie. Des élus (maires, sénatrices, députés) vont venir. Je pense que M. Pélieu sera aussi de la partie tout comme Mme Delga. Nous espérons que de nombreuses personnes de Lourdes et des environs seront également là pour nous soutenir et faire bien comprendre à l’Etat qu’on a besoin d’eux et qu’il dise ce qu’il faut faire.

• En préfecture, le préfet avait dit qu’il n’y aurait pas de communication pendant un mois

Philippe Combes : Des retours qu’on a eus, on sait qu’il y a eu deux rendez-vous la semaine dernière. Aujourd’hui je n’ai pas eu encore de compte rendu. Il faut que ça bouge un peu plus.

• Avez-vous l’impression qu’on vous cache des choses ?

Philippe Combes : Je ne vais pas aller jusque-là mais on se pose des questions. Aujourd’hui on n’a pas confiance dans les dirigeants, COFIGEO n’en parlons pas. Il faut que ça avance, que tout le monde nous aide pour faire pression sur l’Etat, M. Macron ou l’Élysée.

Monsieur Macron a-t-il été sollicité ?

Philippe Combes : On l’a sollicité, on lui a envoyé un courrier. Pour l’instant je n’ai eu aucune nouvelle de sa part. J’espère que Monsieur Macron viendra faire un petit séjour de ski du côté de Bagnères et qu’il fera un petit détour pour venir nous voir.

 

• Vous n’avez eu aucun contact avec les dirigeants du groupe Cofigeo ?

Philippe Combes : Nous n’avons eu qu’un seul contact avec M. Rémi Arnauld de Sartre, le directeur du site de Lourdes, qui fait partie des actionnaires du groupe. Actuellement, il est en démarche commerciale à Dubaï. Normalement il est de retour jeudi. On verra avec lui s’il y a des réponses à nos questions.

Est-ce que vous avez des clients qui sont prêts à revenir ?

Philippe Combes : Il y a des clients qui nous disent que ça leur tarde de retravailler avec vous. D’autres sont dans l’incertitude. Les avis sont un peu partagés.

L’un des enjeux de samedi c’est de voir le soutien populaire dont vous bénéficiez ?

Philippe Combes : Tout à fait. On aimerait que tout le monde - la population, les riverains - se mobilise avec nous et que l’État, Cofigeo voient bien que c’est tout le département qui est là pour nous.

Que disent les personnes qui vous apportent leur soutien ?

Philippe Combes : J’ai surtout des courriers des élus. Quelques riverains sont avec nous. Ils nous sollicitent. Ce matin il y a eu des distributions de tracts à Tarbes. Les gens avaient l’air d’être avec vous. Maintenant ce qu’il faut c’est qu’il y ait le maximum de monde à la manifestation de samedi, à 10h30.

Le transfert du site sur Adé, est-ce que c’est la meilleure solution ?

Philippe Combes : Je ne dirais pas que c’est la meilleure, c’est une des solutions. Il faut attendre le chiffrage de tout, pour savoir quelle est la meilleure.

Dans quel état d’esprit sont actuellement les salariés ?

Philippe Combes : Les salariés commencent à être fatigués. Le moral n’est pas au beau fixe. L’incertitude est toujours là. Ils ont eu un choc psychique. C’est un peu compliqué.

À l’issue de la réunion en préfecture, on avait l’impression qu’il y avait un climat de confiance

Philippe Combes : Oui parce que l’on sait maintenant que la préfecture suit le dossier, que la région est derrière aussi mais tant que ce n’est pas gagné, qu’ils ne se positionnent pas...Le Père Noël, je n’y crois plus.

Est-ce que vous avez peur de vous faire berner ?

Philippe Combes : le risque, il y est toujours. Je pense que si l’on n’avait pas fait la première manifestation, si on n’avait pas été voir le préfet, si on n’avait pas fait toutes ces démarches, je pense qu’on serait déjà fermé.

Un mois pour trouver une solution, ça semble quand même court ?

Philippe Combes : Je suis d’accord avec vous, ça semble court pour de nouveaux projets. Je pense qu’on devrait regarder sur ce qu’on avait à l’origine, voir si les clients sont prêts à nous suivre. Si on repart avec des machines compétitives, on doit pouvoir travailler les prix. Si en 2020, on revient avec des prix moins chers que nos concurrents, pourquoi les clients ne reviendraient-ils pas. Les contrats sont d’1, 2 et 3 ans. Le contrat que vous perdez cette année, vous pouvez très bien le reprendre l’année d’après.

La solution de la diversification vous semble-t-elle la plus privilégiée ?

Philippe Combes : C’est une solution. C’est un plus par rapport à la fabrication qu’on sait faire. Maintenant, il ne faut pas se faire d’illusions parce que ce seront des solutions qui ne seront pas faites dans le mois de la décision. Et on sait qu’on n’a pas 6 mois. Il faut voir ce que l’on peut faire avec des machines nouvelles, avec ce que l’on pourrait racheter pour la nouvelle usine. Le groupe Cofigeo est suffisamment gros pour supporter l’entreprise quelques 6 mois de plus. L’assurance couvre tous les frais pendant 18 mois, pour la reconstruction de l’usine il faut compter environ 18 mois de plus. Même si Cofigeo devait encore financer Toupnot pendant les 6 premiers mois, je pense qu’ils en ont les moyens. La diversification c’est bien.

Qu’est-ce que vous attendez d’Emmanuel Macron ?

Philippe Combes : J’aimerais bien qu’il se positionne par rapport au sujet, qu’il tape du poing sur la table pour faire pencher les décisions. Je pense que c’est son rôle aussi ainsi que le ministère.

G.M.