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La ville de Lourdes met en vente ses « bijoux de famille » !

jeudi 4 octobre 2018 par rédaction

Entourée de ce qui ressemble à sa task-force (Alain Garrot, Alain Abadie, Marie-José Moulet, Madeleine Navarro, Annette Cuq, Sandrine Focchesato), Josette Bourdeu, maire de Lourdes, a annoncé une décision importante. Confrontée à de grosses difficultés financières au point que les banques rechignent à prêter de l’argent à la ville de Lourdes, la première magistrate de la cité mariale a annoncé ce matin en conférence de presse que la ville de Lourdes allait vendre les 66 bancs de la Grotte, des bâtiments communaux, comme l’école d’Anclades. Bref, même à la mairie de Lourdes, on racle les fonds de tiroirs !

Nous mettons en ligne la déclaration de Josette Bordeu et nous reviendrons ensuite sur les réponses aux questions qui lui ont été posées.

La déclaration de Josette Bourdeu,
 maire de Lourdes, en conférence de presse

Depuis le début de ce mandat, nous avons dû agir en priorité sur la zone touristique, souvent dans l’urgence, pour répondre à des problématiques liées à l’état plus que préoccupant de notre patrimoine bâti mais aussi aux exigences de sécurité et de confort de nos visiteurs. Avec toujours en tête la reconquête de notre fréquentation, en berne depuis une dizaine d’années.

Nous devions impérativement prendre les mesures nécessaires, aussi impopulaires puissent-elles apparaitre dans un premier temps, pour préserver l’avenir économique de notre cité. Et nous l’avons fait dans un contexte où les finances de la Ville nous imposaient une rigueur redoublée et une vigilance de chaque instant.

Mais nous avons toujours considéré que ces efforts financiers importants, aussi essentiels soient-ils pour l’économie locale, ne devaient pas être supportés par l’ensemble des Lourdaises et des Lourdais, comme cela a été le cas sous mes prédécesseurs. C’est une des raisons pour laquelle, vous le savez, mon équipe et moi-même, nous avons instauré la taxe de séjour au réel dès 2015. Cette taxe de séjour, dont s’acquittent nos visiteurs comme partout en France et dans le monde, a subi depuis deux augmentations, dont la dernière, d’une vingtaine de centimes, lors du dernier conseil municipal, le vendredi 21 septembre.

Lors de cette même séance, j’ai annoncé que nous allions également nous orienter vers la valorisation des actifs de la commune mais cela avait déjà été dit fin mars lors du vote du budget 2018. Nous travaillons donc sur ce dossier depuis plusieurs mois. De quoi s’agit-il ? Nous avons en effet décidé de vendre un certain nombre de biens appartenant à la ville, dont les bancs de la Grotte, mais aussi l’ancienne école d’Anclades, certains terrains se situant au Tydos ou encore en centre-ville (en face de l’école Honoré Auzon).

Le produit de ces ventes nous permettra de financer les attendes des Lourdais dans l’amélioration de leur vie quotidienne, notamment sur l’état de nos voiries, de nos trottoirs, et sur la propreté de notre ville. Nous avons, par exemple, à faire face à une nécessité absolue de renouveler le matériel de voirie indispensable à une meilleure gestion de la propreté.

Nous pourrons également, sans avoir forcément recours à de nouveaux emprunts, finaliser des chantiers en cours comme le chantier de l’immeuble Lacour, poursuivre la mise hors d’eau d’une partie de notre patrimoine communal et aussi participer au financement des projets lourds de ce mandat que sont la réhabilitation de l’église paroissiale ou la création de l’avenue Peyramale prolongée.

Mais cette décision relève principalement des conséquences de la loi Pinel. En effet, cette loi prévoit de nouvelles dispositions relatives aux baux commerciaux. L’une d’entre elles interdit désormais de prévoir conventionnellement la prise en charge par le locataire des dépenses relatives aux grosses réparations relevant de l’article 606 du code civil (menuiseries, couverture, murs, escalier etc.). De nouvelles règles qui viennent donc fragiliser, voire bouleverser l’équilibre économique sur lequel reposaient ces bancs jusqu’à présent, à savoir des loyers modiques contre la prise en charge de ces travaux par le locataire.

Il faut savoir que l’ensemble des 66 baux commerciaux détenus par la commune de Lourdes reposent sur un cahier des charges datant quand même de 1911 !

Nous nous sommes rendus compte lors du renouvellement de ces baux que, si certains locataires avaient bien réalisé des travaux d’entretien comme cela était prévu dans le bail commercial en contrepartie de loyers vraiment très bas, d’autres n’avaient strictement rien fait depuis parfois plusieurs dizaines d’années !

Aujourd’hui, les nouvelles contraintes que nous imposent la loi Pinel en tant que propriétaire change la donne puisqu’il incombe désormais à la ville de faire ces travaux. La Ville prendra donc à sa charge l’ensemble de ces éventuels travaux. Mais, nous ne le ferons qu’après avoir demandé à chaque locataire de respecter ses obligations antérieures. Et, je le dis et je le répète encore une fois, ce n’est pas aux contribuables Lourdais de supporter ces nouvelles dépenses.

En effet, nous avons conduit une première vague de diagnostics sur une douzaine de bancs qui laisse présager des investissements importants qui pourraient être à notre charge si nous ne réagissions pas.

Nous procédons donc actuellement à l’évaluation de ces bancs.

Je vous rappelle par ailleurs que certains candidats aux élections municipales notamment 2001 avait déjà eu l’intention de mettre en vente ces bancs. Nous vendons des actifs qui demain seront une charge supplémentaire pour la commune. Et ce ne sont pas les recettes actuelles que procurent l’ensemble de ces bancs, soit 400 000 euros qui nous donnerons les moyens d’y faire face, malheureusement.

La somme peut paraître non négligeable, c’est vrai, et nous nous privons d’une recette régulière mais il faut bien comprendre que nous sommes face à des loyers modiques, entre 300 et 500 euros mensuels pour la plupart, 1000 euros pour quelques exceptions, suivant l’emplacement et la surface, qui ne correspondent pas ou plus ni à une réalité économique, ni au caractère social de la création de ces bancs en 1911. Nous sommes donc confrontés à un déséquilibre et ce d’autant que les montants des locations-gérances ou la valeur des fonds se négocient à des prix souvent considérables sans commune mesure avec les loyers dérisoires perçus par la commune.

Enfin, nous mettrons en place une commission des finances élargie pour gérer ces ventes.