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Assemblée générale du FCL XV : la municipalité lourdaise sévèrement "taclée"

dimanche 30 juillet 2017 par rédaction


Avant de commenter l’assemblée générale du FCL XV qui s’est déroulée vendredi soir, nous mettons en ligne le discours de Jean-Pierre Armengaud, co-président du club prononcée en conclusion de cette AG.

Le discours sans concession de Jean-Pierre Armengaud, co-président du FCL XV à l’égard de la municipalité lourdaise !

 

Madame le Maire,

Madame l’adjointe aux Sports,

Madame la Conseillère municipale,

Messieurs les membres du Comité Directeur, Messieurs de la presse,

Chers Amis,

Au terme de 2 mandats de Présidence, autrement dit 4 années, tout d’abord en compagnie de Jean-Claude Irigoyen, puis depuis cette année de Daniel Bacquerie, je me dois de tirer quelques conclusions sur l’évolution de notre club.

Si l’effectif est globalement en progression, tant en terme de joueurs que d’éducateurs, à tel point que les terrains manquent souvent, il n’en est malheureusement pas de même pour les résultats sportifs des équipes séniors, celles que nos détracteurs observent avec la perfide impatience de ceux qui attendent que nous tombions toujours plus bas, oubliant au passage que notre club comporte chaque année au bas mot 14 équipes. Oubliant que chaque week-end la passion qui anime tous les éducateurs, les bénévoles et les dirigeants de ce club que je me dois sans cesse de remercier et d’encourager, permet à plusieurs centaines de jeunes de pratiquer leur sport favori, celui que l’on nomme le sport-roi. Oubliant qu’ailleurs dans le département, et au-delà, des hommes politiques et des chefs d’entreprise se mobilisent pour faire vivre aux autres leur passion, pour que des jeunes portent toujours plus haut les couleurs de leur ville ou l’emblème de leur club. Pourquoi n’est-ce pas le cas à Lourdes ? Pourquoi les dirigeants qui passent une partie de leur temps pour le bien du club, souvent au détriment de leur vie familiale ou de leur profession, devraient-ils rendre des comptes à une minorité, soi-disant bien pensante mais peu passionnée, qui suit le rugby uniquement à la télévision ou bien cachée derrière un pseudo sur internet ?

En parlant au nom des membres du comité directeur, j’ai le sentiment de traduire un sentiment d’abandon. Pas moyen d’avoir un rendez-vous au conseil général qui ne nous donne plus rien, aucune subvention de la communauté de communes. En 4 ans, nous avons perdu plus de 90.000 € de subventions et 250.000 € en tout de recettes. Et il y en a qui voudraient qu’avec ça, on remonte en fédérale 1 ? Nous pourrions compenser cette insuffisance financière par du travail. Là aussi, à part des postes saisonniers, on ne peut pas dire que Lourdes dispose d’un riche bassin d’emplois.

Malgré tout cela, et si vous le souhaitez, nous allons repartir pour une nouvelle saison, avec toutes nos équipes, dans notre stade vieillissant aux toilettes repoussantes, aux tribunes désuètes, à la talanquère tremblotante, à l’éclairage défectueux, aux douches inconstantes, à notre espace Crauste à la bâche percée, à l’absence d’accès handicapés. Il en faut du courage pour toujours se dire « ça va venir », tout en étant persuadé du contraire. Au lieu de nous rabâcher à chaque rendez-vous « il n’y a pas d’argent », n’y aurait-il pas moyen de programmer ces travaux dans un plan pluriannuel ? Madame l’adjointe aux sports, ça fait 3 ans que vous occupez votre poste. A part baisser la subvention, vous-êtes-vous posé un jour la question de savoir ce que la municipalité a fait pour le club ? Jean-Pierre Rives disait que « le rugby, c’est l’histoire d’un ballon avec des copains autour, et quand il n’y a plus de ballon, il reste les copains ». Aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’un jour, à Lourdes, il ne restera même plus les copains, car tous seront repartis, jurant qu’on ne les y reprendrait plus.

Nous avons la chance cette année d’avoir amené notre équipe Bélascain au plus haut niveau régional, battant en phase finale les équipes de Bagnères, de Tarbes, de Lombez-Samatan et de l’Isle-Jourdain, à la conquête d’un titre Armagnac-Bigorre auquel nous n’avions jamais accédé dans cette catégorie depuis 2004. Un titre acquis, qui plus est, sous la seule bannière du FCL, alors que la plupart des équipes sont obligés de constituer des ententes entre plusieurs clubs pour présenter un groupe compétitif. Un grand bravo à tous ceux qui ont œuvré pour le bon déroulement de cette splendide saison. Un titre, ce ne sont pas des promesses, c’est gravé dans le métal et ca le restera à vie sur ce bouclier.

Devions-nous nous résoudre une fois de plus à nous faire piller nos talents ? Grâce à tous nos efforts, 90% de ces jeunes de qualité sont restés au club et intégreront pour les meilleurs les équipes 1 ou réserve, encadrés comme il se doit par des joueurs plus aguerris et des entraîneurs qui ont tous porté le maillot rouge et bleu et qui savent ce que représente ce stade avec sa fresque d’internationaux. « Le meilleur moyen d’atteindre son objectif au rugby, c’est d’aider les autres à atteindre le leur » disait un anglais, pas très connu finalement puisque, outre un titre de champion du monde, il a également soulevé le bouclier de Brennus avec Toulon, j’ai nommé Johnny Wilkinson.

Pour monter plus haut dans la hiérarchie de la fédérale 2, nous pourrions faire comme quelques clubs voisins des Hautes-Pyrénées ou du Gers, engager des dépenses inconsidérées, ne plus être en mesure de faire face à nos promesses à partir de la mi-saison et pourquoi pas convoquer la DNACG à la rescousse pour tenter un hypothétique sauvetage à grands coups d’annonces plus farfelues les unes que les autres. Il parait que ça s’est déjà vu...

Non, à Lourdes, nous n’allons pas dépenser ce que nous n’avons pas, en embauchant des Argentins, des Sud-Af, des Géorgiens, des Britanniques. On se contentera des joueurs que l’on peut se payer, et c’est déjà pas mal ainsi. Le problème vient du fait que nous ne jouons pas tous seuls. Nous avons en face de nous des équipes qui disposent de moyens supérieurs, ne serait-ce qu’en termes d’infrastructures, et nous devons lutter chaque dimanche, sous le regard toujours attendri de nos détracteurs.

Mais quand sera venu le temps de la ferveur et de la bravoure, nous garderons tous, joueurs, entraîneurs, éducateurs, dirigeants et bénévoles la fierté d’avoir écrit quelques pages supplémentaires au grand livre du FCL XV, car, pour citer André Boniface, n’oubliez jamais que le rugby est un supplément à la vie.

A tous ceux qui ont œuvré pour porter ce club au plus haut niveau national et international, à toi Michel, Jean, Maurice, Roger, Antoine, Henri, à vous tous que je n’ai jamais vu jouer et que nous aimerions tant pouvoir vous imiter.

Je vous remercie de m’avoir prêté votre attention.